| identifiant | CG9-20157.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1809/02/27 00:00 |
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| titre | Napoléon à Joseph, roi d’Espagne |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG9</i> - 20157. - </b>À Joseph, roi d’Espagne</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Paris, 27 février 1809</h2><p>Mon frère, j'ai reçu [votre lettre du
17 février<sup>[^1]</sup>,
en réponse à ma lettre n<sup>o</sup> 2<sup>[^2]</sup>,
dont vous croyez avoir à vous plaindre, ainsi que des conseils
donnés au général en chef de mes armées en Espagne ; bien
moins ai-je pu y trouver la cause et la justification d'un] grand
nombre de passages de votre lettre<sup>[^3]</sup>.
Je pense que, si vous la relisiez de sang-froid, vous partageriez mon
opinion. Je souhaite fort que les événements ne deviennent pas tels
que vous ayez un jour à reconnaître qu'il y avait, dans la lettre
que je vous ai écrite, beaucoup de choses à prendre en
considération.<sup>[^4]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Napole</i></h3>
[^1]: Du 19 février.
[^2]: Voir, CG9-20099.
[^3]: <span></span> « Sire, écrivait Joseph, je vois avec peine, par votre lettre n° 2, que vous écoutez, sur les affaires de Madrid, des personnes qui sont intéressées à vous tromper ; vous n’avez pas dans moi une entière confiance, et cependant sans elle la place n’est pas tenable […]. Ainsi, sire, si ma vie entière ne vous donne pas en moi la confiance la plus aveugle, […] si vous ne voulez pas me juger sur les résultats et permettre qu’on m’élève un procès sur chaque objet, dans ce cas, sire, je n’ai pas deux partis à prendre. Je ne suis roi d’Espagne que par la force de vos armes, je pourrais le devenir par l’amour des Espagnols ; mais pour cela il faut que je gouverne à ma manière. Je vous l’ai entendu dire souvent : <i>Chaque animal a son instinct, chacun
doit le suivre. Je serai roi comme doit l’être le frère et l’ami
de Votre Majesté, ou je retournerai à Mortefontaine</i> [propriété de Joseph proche de Paris]<i>, où je ne demanderai rien que le
bonheur de vivre sans humiliation, et de mourir avec la tranquillité
de ma conscience.</i> […] S’il est un homme sur la terre que vous estimiez ou aimiez plus que moi, je ne puis pas être roi d’Espagne, et mon bonheur me dit de cesser de l’être. Je vous écris tout ce que je pense, parce que je ne veux pas vous tromper ; je me tromperais moi-même. […] Je serai toute ma vie votre meilleur et peut-être unique ami. Pour que je reste roi d’Espagne, il faut que vous puissiez en penser autant de moi. Je suis revenu de bien des illusions ; celle de votre amitié me reste encore un peu : si elle est nécessaire à mon bonheur, je ne dois pas m’exposer plus longtemps à la perdre en faisant un métier de dupe. »
[^4]: Expédition, Archives nationales, 400 AP 11. L’original, très altéré, a été complété par la minute (Archives nationales, AF IV 879, février 1809, n° 176). [C 14821]</body> |
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