CG9-20152.md

identifiantCG9-20152.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1809/02/26 00:00
titreNapoléon à Regnaud de Saint-Jean d’Angely, président de section au conseil d'État
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG9</i> - 20152. - </b>À Regnaud de Saint-Jean d’Angely, président de section au conseil d'État</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Paris, 26 février 1809</h2><p>Monsieur Regnaud, j'ai pris un décret pour attacher quatre auditeurs à chacun des trois conseillers d'État chargés des trois premiers arrondissements de la police, et quatre au préfet de police ; je désire que vous me présentiez un projet de décret pour fixer leurs attributions<sup>[^1]</sup>. Ces auditeurs recevront un traitement de 6 000 francs ; ce ne doit pas être un surcroît de dépense, parce que les conseillers d'État et le préfet de police emploieront à payer les auditeurs les fonds qui servent à payer le travail fait par d'autres, ce qui sera une économie sur les frais d'administration et de bureau. Les auditeurs près le préfet de police seront chargés de l'interrogatoire des individus qui sont dans les dépôts de Saint-Denis et de Villers-Cotterêts ; ils feront l'inspection de ces maisons toutes les semaines, de manière que j'aie dans leur surveillance une garantie que, sous le prétexte de vagabondage, aucun individu n'est vexé. Ils exerceront la même surveillance à Bicêtre, à Charenton, etc., afin que, sous le prétexte de folie, il ne soit exercé aucun acte arbitraire. Les individus, arrêtés chaque jour, qui ne pourront pas être interrogés par le préfet de police, le seront par les auditeurs, afin que ces interrogatoires aient une forme légale et soient faits par des hommes qui aient ma confiance, et avec la diligence nécessaire pour prévenir toute vexation ou détention injuste. Indépendamment de ces fonctions, vous leur en trouverez d'autres analogues. Mon but secret est d'avoir des hommes de confiance qui apprennent la marche de la police et se mettent au fait de ses détails. Je désire aussi que tous les citoyens qui vont à la préfecture de police, et qui ne peuvent pas parler au préfet, trouvent toujours un auditeur auquel ils puissent s'adresser. Quant aux auditeurs attachés aux conseillers d'État, mon intention est que les interrogatoires et autres détails que ne peuvent pas faire les conseillers d'État soient faits par eux ; qu'ils puissent être envoyés sur les différents points de l'Empire pour y étudier les localités, les individus, la marche des affaires, et éclaircir les affaires scabreuses ; qu'ils fassent le rapport des affaires contentieuses du ministère au Conseil d'État ; qu'ils aient, sous l'inspection du ministre, la visite des prisons d'État, l'interrogatoire des individus, enfin prennent des idées sur la marche, non théorique, mais réelle du Gouvernement.<sup>[^2]</sup></p><p><br/> </p> [^1]: Le nombre – seize – et les fonctions des auditeurs au Conseil d’État avaient été fixés par l’arrêté du 19 germinal an XI (9 avril 1803). Le décret finalement publié le 26 décembre 1809 augmenta le nombre des auditeurs et divisa ceux-ci en deux classes, l’une de service ordinaire, l’autre de service extraordinaire. Les auditeurs en service ordinaire étaient eux-mêmes répartis dans deux catégories, les uns « remplissant près des ministres et des sections du Conseil les fonctions déterminées par l’arrêté du 19 germinal an XI », les autres étant attachés au ministre de la Police (12 auditeurs), au préfet de police (4 auditeurs) et au préfet du département de la Seine (4 auditeurs). Le nombre des auditeurs, fixé à 16 en 1803, était réellement de 60 en 1809. Le décret du 26 décembre 1809 le porta à 40 auditeurs en service ordinaire et 120 en service ordinaire non attachés aux sections du Conseil et en service extraordinaire. Le nombre total des auditeurs fut porté à 350 par le décret du 7 avril 1811. L’effectif réel atteignit le chiffre de 383 en 1813 et de 385 en 1814. [^2]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 14813, d’après l’original communiqué par le maréchal Regnaud de Saint-Jean d'Angely (minute, Archives nationales, AF IV 879, février 1809, n° 164). </body>