CG9-19990.md

identifiantCG9-19990.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1809/02/07 00:00
titreNapoléon à Joseph, roi d’Espagne
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG9</i> - 19990. - </b>À Joseph, roi d’Espagne</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Paris, 7 février 1809</h2><p>Mon frère, j'attends [d'apprendre la prise de Saragosse<sup>[^1]</sup> pour parler à la reine<sup>[^2]</sup> de son départ. Je tiens à ce que vous conserviez à Belliard le gouvernement de Madrid<sup>[^3]</sup>, et à Fréville<sup>[^4]</sup> la direction des affaires relatives aux biens des] condamnés que je me suis attribués<sup>[^5]</sup>. Il est plus important de détruire ces dix familles que de chasser les Bourbons. Mon aide de camp Lacoste a été tué, le 1<sup>er</sup> février, à Saragosse<sup>[^6]</sup> ; on était maître d'une partie de la ville.</p><p>L'art de la guerre veut qu'on ne démasque un mouvement sur Mérida que lorsque le duc de Dalmatie<sup>[^7]</sup> sera à Porto, et il ne peut y être avant la fin du mois<sup>[^8]</sup>.</p><p>Vous ne devez laisser établir l'ennemi ni à Cuenca, ni dans la plaine du Manzanarès. Gardez la division Sebastiani à Madrid, et soignez bien ce corps. Dans un événement important, ce sont vos meilleures troupes. Si j'avais de l'argent, je vous en enverrais volontiers ; mais mes dépenses sont immenses. Je porte ma cavalerie à plus [de 100 000 hommes. La nouvelle conscription que je lève<sup>[^9]</sup> me coûte un argent immense].<sup>[^10]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Napol</i></h3><h4 style=""><br/> <br/> </h4> [^1]: Saragosse tombera aux mains des Français le 21 février. [^2]: La reine Julie, l’épouse de Joseph. [^3]: Belliard avait été nommé gouverneur de Madrid après que Napoléon eût reconquis la ville. [^4]: Villot de Fréville, auditeur au Conseil d’État, était l’un des représentants de Napoléon auprès de son frère Joseph, qui ne cessait de se plaindre de lui. [^5]: <span></span> Un décret du 9 décembre 1808 avait déclaré « traîtres aux deux couronnes », condamné à mort et confisqué les biens de dignitaires espagnols qui avaient pris la tête de la résistance contre l’occupation française (voir <i>Correspondance générale</i>, vol. 8, n° 19736, et CG9-19979). Le 25 janvier, Joseph avait demandé à son frère de renoncer à la confiscation des biens des condamnés. [^6]: <span></span> Le général André-Bruno Frévol de Lacoste commandait le génie du 3<sup>e</sup> corps (Moncey) au siège de Saragosse. Blessé au front le 1<sup>er</sup> février, il était mort le lendemain. [^7]: Soult. [^8]: Après avoir obligé le corps expéditionnaire anglais envoyé en Espagne à rembarquer (La Corogne, 16 janvier), Soult devait prendre l’offensive en direction du Portugal afin de contraindre les Anglais à l’évacuer et, ainsi, leur fermer le seul point d’accès à la péninsule qui leur restait encore ouvert. Le maréchal Victor devait appuyer cette offensive en se portant en Andalousie afin de menacer le Portugal par le sud. La marche de Soult sur Porto fut loin d’être une promenade. Au début du mois de mars, alors qu’il aurait dû arriver, selon ses instructions, en vue de Lisbonne, il se trouvait à Orense. Se heurtant à de grandes difficultés, il franchira la frontière entre l’Espagne et le Portugal le 24 février et atteindra Porto le 29 mars, un mois après la date prévue. Il restera à Porto quarante-deux jours, trop longtemps : le 22 avril, les Anglais débarqueront à Lisbonne de nouveaux renforts, commandés par Wellington. [^9]: <span></span> 80 000 conscrits, dont la levée a été décidée par un sénatus-consulte du 10 décembre 1808 et réglée par un décret du 1<sup>er</sup> janvier 1809 (voir, CG9-19976). [^10]: Expédition, Archives nationales, 400 AP 11. L’original est très altéré et a été complété de la minute (Archives nationales, AF IV 879, février 1809, n° 38).</body>
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