CG9-19979.md

identifiantCG9-19979.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1809/02/06 00:00
titreNapoléon à Joseph, roi d’Espagne
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG9</i> - 19979. - </b>À Joseph, roi d’Espagne</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Paris, 6 février 1809</h2><p>Mon frère, je reçois [vos lettres des 24, 25 et 26<sup>[^1]</sup>. Mon intention est que les biens des condamnés me restent<sup>[^2]</sup>. Le moyen de m'assurer des familles d'Espagne est qu'il ne soit pas en votre pouvoir de les leur rendre<sup>[^3]</sup>.</p><p>Je suis fâché que le système] change à Madrid et qu'on y devienne trop complaisant. [Je] ne trouve rien de plus mauvais que d'y avoir laissé séjourner les prisonniers, de les avoir laissés causer avec le peuple et d'en avoir pris 3 000 pour en former des régiments. O'Farrill<sup>[^4]</sup> a fait un grand tort en laissant dissoudre l'armée espagnole : veut-on recommencer ce qui a été fait, il y a un an, à pareille époque ? Les prisonniers doivent être envoyés [en France], et, s'il faut former des cadres de régiments en mettant à la tête des officiers sûrs, on pourra y recevoir, non des prisonniers, mais des déserteurs et ceux qui voudront quitter l'armée des insurgés. Je fais lever en France un régiment composé de prisonniers, surtout de ceux qui y sont depuis le plus de temps<sup>[^5]</sup>.</p><p>Je crois qu'il est nécessaire que vous montriez un peu de sévérité et que vous ne laissiez personne s’abandonner à des espérances fausses et prématurées ; sans cela les hommes que vous avez réarmés assassineront les Français et tourneront les armes contre vous, au premier sujet d'espérance<sup>[^6]</sup>. Il est fâcheux, puisque l'on avait arrêté les membres du conseil de Castille, qu'on ne les ait pas laissés venir en France<sup>[^7]</sup>. Un séjour de deux ou trois ans en France aurait fait changer d'idées à ces gens-là, et on en aurait fait des citoyens utiles.<sup>[^8]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Napol</i></h3><h4 style=""><br/> <br/> </h4> [^1]: Janvier 1809. [^2]: <span></span> Les condamnés sont les dix grands d’Espagne déclarés « traîtres aux deux couronnes », condamnés à mort et à la confiscation de leurs biens par décret du 12 novembre 1808. Trois d’entre eux avaient été arrêtés (il s’agissait du prince de Castelfranco, du duc d’Altamira et du marquis de Santa Cruz), mais ils n’avaient pas été arrêtés : Napoléon les avait fait emprisonner dans la forteresse de Fenestrelle (<i>Correspondance générale</i>, vol. 8, n<sup>os</sup> 19736). [^3]: « Je prie Votre Majesté, écrivait Joseph dans sa lettre du 25 janvier, de renoncer aussi aux maisons des 10 condamnés, et surtout aux meubles. J’en ai besoin pour garnir des pavillons où je voudrais placer les officiers, comme j’avais fait à Naples. » [^4]: Gonzalo O’Farrill avait été en 1808 le ministre de la Guerre de Ferdinand VII. Joseph Bonaparte l’avait maintenu à son poste. Il dirigera le ministère de la Guerre jusqu’à la chute de Joseph en 1813. [^5]: <span></span> Napoléon avait autorisé son ministre de la Guerre à compléter les effectifs des régiments d’Isembourg et de La Tour d’Auvergne par des prisonniers espagnols (<i>Correspondance générale</i>, vol. 8, n° 19709). [^6]: Napoléon critiquait depuis plusieurs semaines la « mollesse » de son frère en matière de répression. [^7]: <span></span> Napoléon avait cru qu’ils seraient conduits en France (<i>Correspondance générale</i>, vol. 8, n° 19938). [^8]: Expédition, Archives nationales, 400 AP 11. L’original très altéré a été complété à l’aide de la minute (Archives nationales, AF IV 879, octobre 1808, n° 16).</body>
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