| identifiant | CG8-19875.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1809/01/16 00:00 |
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| titre | Napoléon à Joseph, roi d’Espagne |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG8</i> - 19875. - </b>À Joseph, roi d’Espagne</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Valladolid, 16 janvier 1809, au soir</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Mon frère, Carignan<sup>[^1]</sup>
arrive à l’heure même avec vos lettres du 11 et du 13 ; de
sorte que j’ai reçu aujourd’hui, d’abord votre lettre du 14,
ensuite votre lettre du 13, et enfin votre lettre du 11. Il paraît
que Carignan est tombé en route. Je donne l’ordre pour que les
officiers que vous demandez vous soient rendus<sup>[^2]</sup>.
Il y a un Pignatelli qui nous fait du mal dans la province d’Avila.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Des conscrits sont
partis de France pour entrer dans votre garde.</p><p style="margin-bottom: 0cm">La députation est
arrivée. Je vais la réunir dans une heure. Je compte ensuite monter
à cheval à 9 heures pour être rendu à 3 heures du matin à
Burgos.</p><p style="margin-bottom: 0cm">J’ai donné ordre au
major général<sup>[^3]</sup>
que tous les hommes des régiments de hussards et de chasseurs qui
font partie des régiments provisoires en Aragon se rendant à
Madrid, et ceux dont les corps ne sont pas en Espagne, puissent être
incorporés dans votre garde, s’ils y consentent. Il y en a, par
exemple, du 1<sup>er</sup> et du 2<sup>e</sup> chasseurs ; il y
en a du 9<sup>e</sup>, du 7<sup>e</sup>, du 8<sup>e</sup> de
hussards. Tous ces détachements, vous les pouvez prendre ; le
général Belliard<sup>[^4]</sup>
doit en avoir l’état.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Je vais donner ordre
que des différents dépôts de France on prenne 5 conscrits montés
et qu’on les dirige sur l’Espagne ; ce qui fera 3 à 400
hommes.</p><p style="margin-bottom: 0cm">En quelque nombre que
soient les Espagnols, il faut marcher droit à eux et d’une
résolution ferme. Ils sont incapables de tenir. Il ne faut ni les
biaiser, ni les manœuvrer, mais courir dessus.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Faites incontinent
imprimer les discours que <i>tiendront</i> ces Messieurs<sup>[^5]</sup>,
ainsi que le procès-verbal des votes, et, immédiatement après,
faites votre entrée dans Madrid<sup>[^6]</sup>.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Je crois vous avoir
mandé de me conserver la petite campagne de Chamartin et la maison
d’habitation telle que je l’ai laissée, afin que je sache où
descendre si un beau matin je reviens à Madrid.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Je crois que la
meilleure manière de gouverner l’Espagne, c’est de faire des
juntes par province, que l’on appellera <i>juntes royales,</i> et
de mettre un gouverneur à leur tête. Des capitaines généraux, je
ne crois pas possible d’y penser ; ils n’auraient ni crédit
ni autorité. Dans ce que je dis là, je n’entends parler que des
trois premiers mois. Je vous prie de m’écrire souvent et
longuement. Tout ce que l’on imprimera, rapports, états de
situation, tout ce que vous m’enverrez me sera agréable.</p><h3 class="style-titre-4-+-italique-western" data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napole</h3><p style="margin-bottom: 0cm"><i>P.S.</i> Dans ce
moment, le major général me met sous les yeux des lettres du 14 du
maréchal Jourdan<sup>[^7]</sup>.
Il ne faut pas souffrir que l’ennemi s’établisse à Madridejos.
Mais le maréchal Victor<sup>[^8]</sup>
pourra faire un à-droite, car il est probable que l’ennemi se
retirera sur Valence<sup>[^9]</sup>.
<i>D’ailleurs, </i>la division du général Valence serait
suffisante. Il paraît que Saragosse avance. Le bataillon polonais
qui était à Ségovie doit être arrivé à Madrid ; envoyez-le
à sa division, à Tolède. Le général Valence doit avoir
l’instruction de pousser de forts <i>partis </i>au-delà de
Madridejos et de balayer tout le pays.<sup>[^10]</sup></p>
[^1]: Le capitaine Joseph de Savoie-Carignan, officier d’ordonnance de l’Empereur.
[^2]: Voir la lettre précédente.
[^3]: Alexandre Berthier.
[^4]: Gouverneur militaire de Madrid.
[^5]: Napoléon fait allusion aux députations.
[^6]: Joseph rentrera à Madrid le 22 janvier.
[^7]: Major général de Joseph.
[^8]: <span></span> 1<sup>er</sup> corps.
[^9]: <span></span> 3<sup>e</sup> division polonaise du 4<sup>e</sup> corps.
[^10]: Expédition, Archives nationales, 400 AP 11. [C 14730]</body> |
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