| identifiant | CG8-19856.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1809/01/15 00:00 |
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| titre | Napoléon à Joseph, roi d’Espagne |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG8</i> - 19856. - </b>À Joseph, roi d’Espagne</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Valladolid, 15 janvier 1809, à midi</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Mon frère, je vous ai
expédié ce matin Montesquiou<sup>[^1]</sup>,
avec une lettre où je vous faisais connaître que je partais demain
pour Paris<sup>[^2]</sup>.
Le major [général]<sup>[^3]</sup>
vous enverra demain, par un aide de camp, des instructions sur mon
armée d’Espagne. Le major général restera ici dix ou douze jours
après moi. Je vous écris cette lettre par l’estafette porteur de
vos paquets de Paris, que je laisse continuer. Portez votre attention
sur vos journaux, et faites faire des articles qui fassent bien
comprendre que le peuple espagnol est soumis et se soumet. Le chargé
d’affaires espagnol qui était à Vienne<sup>[^4]</sup>
a eu la bêtise de partir pour Trieste, sur une lettre qu’il a reçu
de la junte. La cour de Vienne se comporte très mal ; elle
pourrait s’en repentir. N’ayez aucune inquiétude. J’ai assez
de forces, même sans toucher à mon armée d’Espagne, pour aller à
Vienne dans un mois<sup>[^5]</sup>.</p><p style="margin-bottom: 0cm">J’ai peu de généraux
de cavalerie. Je désire que le général Montbrun, qui est avec le
général Lasalle, soit appelé par vous à Madrid, et que, huit
jours après, vous me l’expédiiez avec des lettres à Paris. C’est
un général dont j’estime la bravoure et qui me sera utile. Il ne
faut point qu’il sache pourquoi je le fais venir. Si j’ai besoin
d’autres officiers, je le manderai de même, et vous me les
expédierez de même avec vos dépêches. Il faut dire partout et
bien accréditer dans l’armée l’idée que je dois revenir dans
vingt à vingt-cinq jours. D’ailleurs ma seule présence à Paris
fera rentrer dans le néant l’Autriche, et alors, avant la fin
d’octobre, je serai de retour. Je serai à Paris en cinq jours.
J’irai à franc étrier jusqu’à Bordeaux, jour et nuit. Pendant
ce temps, tout ira se calmant en Espagne.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Je laisse ici, sous les
ordres du maréchal Bessières, la division de dragons Kellermann<sup>[^6]</sup>,
dont j’ai passé la revue aujourd’hui, pour contenir le Nord,
depuis Burgos jusqu’à la Galice. Elle va prendre position à
Tudela de Duero, ce qui assurera les communications avec Valladolid.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Je pense que, du moment
que Saragosse sera rendu<sup>[^7]</sup>,
vous pourrez faire venir la Reine<sup>[^8]</sup>
avec vos enfants.</p><p style="margin-bottom: 0cm">J’ai écrit au roi de
Naples<sup>[^9]</sup>
d’envoyer un ambassadeur à Paris, et je lui ai désigné celui que
je voulais qu’il envoyât<sup>[^10]</sup>.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Je vous prie de
m’écrire longuement et naïvement ; vous le devez, et c’est
la seule chose qui puisse me donner confiance en vous, et ma
correspondance vous sera utile.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Je crois utile, pour
les affaires générales d’Europe, que la Reine, après le
carnaval, se rende à Marracq. Elle pourrait y être le 25 février.
Les préparatifs de son départ peuvent produire un très bon effet.
Écrivez-lui de partir quand je le lui dirai. Saragosse sera pris
quand elle partira. Il n’y a aucun inconvénient à ce que la Reine
se repose quinze à vingt jours à Marracq. Je pense donc que votre
famille peut se rendre à Paris vers la fin de février.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Les nouvelles de Russie
sont bonnes. Pardo<sup>[^11]</sup>
se comporte bien à Saint-Pétersbourg. Ne le laissez pas manquer de
nouvelles. Écrivez-lui souvent en envoyant vos lettres à Champagny.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Vous trouverez ci-joint
des lettres interceptées par le général Lapisse<sup>[^12]</sup>
entre Zamora et Salamanque. Vous y verrez que le 20 décembre la
junte était à Séville. Vous sentez l’importance d’occuper
Talavera de la Reina et le pont d’Almaraz<sup>[^13]</sup>.<sup>[^14]</sup></p><h3 class="style-titre-4-+-italique-western" data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Nap</h3><p style="text-indent: 0cm; margin-bottom: 0cm"><br/>
</p>
[^1]: Le chef d'escadron Charles Eugène de Montesquiou-Fezensac, officier d'ordonnance. V. Haegele publie le nom de son frère Ambroise, aide camp de Davout.
[^2]: Il quittera Valladolid le 17 pour être à Paris le 23 matin.
[^3]: Alexandre Berthier.
[^4]: Diego de La Cuadra y Lopez de La Huerta rejoindra l'Espagne non occupée par les Français.
[^5]: Il lui faudra à peine un mois : ayant quitté Paris le 12 avril, il sera à Vienne le 10 mai.
[^6]: <span></span> La 2<sup>e</sup> division de dragons, commandée par Kellermann fils depuis le 9 janvier.
[^7]: Saragosse capitulera le 21 février.
[^8]: Julie Clary, l’épouse de Joseph.
[^9]: Murat.
[^10]: Le duc de Monteleone, ambassadeur de Murat, conservera son poste.
[^11]: L'ambassadeur espagnol Pardo de Figueroa.
[^12]: <span></span> Commandant la 2<sup>e</sup> division du 1<sup>er</sup> corps (Victor).
[^13]: Point stratégique pour franchir le Tage.
[^14]: Expédition, Archives nationales, 400 AP 11. [C 14717] Note sur la minute (Archives nationales, AF IV 879, janvier 1809, n° 186) : « portée par l’estafette ».</body> |
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