CG8-19855.md

identifiantCG8-19855.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1809/01/15 00:00
titreNapoléon à Joseph, roi d’Espagne
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG8</i> - 19855. - </b>À Joseph, roi d’Espagne</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Valladolid, 15 janvier 1809, 10 h. du matin<sup>[^1]</sup></h2><p style="margin-bottom: 0cm">Mon frère, je n’ai pas de nouvelles de vous depuis le 11<sup>[^2]</sup>. Les circonstances de l’Europe m’obligent à aller passer vingt jours à Paris. Si rien ne s’y oppose, je serai de retour vers la fin de février<sup>[^3]</sup>. Le major général<sup>[^4]</sup> restera encore dix à douze jours, afin d’être bien assuré que vous ayez connaissance de toutes les affaires. J’ai ordonné la réunion de ma Garde à Valladolid. J’en laisse le commandement au maréchal Bessières, qui recevra des ordres directement de moi <i>pour ma Garde</i>. Je lui ai fait connaître que je désirais qu’elle restât en repos, pour être en situation de se porter sur une autre frontière, si les circonstances le rendaient nécessaire. Je vous prie de m’écrire tous les jours en grand détail et de m’envoyer même les rapports des généraux sur les différentes affaires, afin que je connaisse bien la situation des choses.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Le major général vous fera connaître mon projet d’entrer en Portugal à la fois par Porto et la Galice ; ce qui vous mettra à même de réunir ce que vous avez pour l’attaque de l’Andalousie, en donnant les premiers coups sur Séville et Mérida, en ayant la frontière du Portugal<sup>[^5]</sup>.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Il ne faut songer à Valence que lorsqu’on aura Saragosse ; ce qui [certainement doit être] fait dans le courant de février<sup>[^6]</sup>. Quand Saragosse sera pris, il n’en faut rien retirer que je n’en sois instruit, car beaucoup de choses vont dépendre des circonstances.</p><p style="margin-bottom: 0cm">J’ai laissé le commandement des provinces de León, de la Vieille Castille, de la Biscaye et de Santander au maréchal Bessières, qui restera à Valladolid. Il a, pour contenir ces provinces, la division Lapisse<sup>[^7]</sup> qui marche sur Salamanque, les garnisons qui sont dans ces différents points, et de plus une division de dragons.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Je pense vous avoir écrit de faire votre entrée à Madrid le 14<sup>[^8]</sup>. Denon voudrait prendre quelques tableaux. Je préférerais que vous prissiez tous ceux qui se trouvent dans les maisons confisquées et dans les couvents supprimés, et que vous me fissiez présent d’une cinquantaine de chefs d’œuvres qui manquent à la galerie du Muséum à Paris. En temps et lieu, je vous en donnerai d’autres. Faites venir Denon et parlez-lui dans ce sens. Il peut vous faire les propositions. Vous [sentez qu’il ne faut que] de bonnes choses, et l’opinion est que vous êtes immensément riches en ce genre<sup>[^9]</sup>.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Je crois qu’immédiatement après votre entrée et votre installation à Madrid vous devez vous occuper de créer deux ou quatre régiments, dont un dans le nord, en ayant soin de n’en pas laisser approcher un de dix lieues de Madrid. Si vous pouvez former des cadres avec quelques officiers, je crois que vous trouverez du monde ; ce qui est indispensable pour donner refuge à beaucoup de gens qui deviendraient des brigands. En même temps, ce sera des corps qui seront bons pour la police.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Je crois que j’ai un chiffre pour correspondre avec vous lorsqu’il y aura quelque chose de très important à me faire savoir. Vous avez dans tous les cas celui de La Forest<sup>[^10]</sup>.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Je compte être à Paris le 21 janvier<sup>[^11]</sup>. J’irai en grande partie à franc étrier.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Si vous le jugez convenable, vous pouvez garder quinze jours mon absence secrète, en disant que je me suis porté sur Saragosse. Vous ferez, au reste, là-dessus, ce qui vous paraîtra le plus à propos.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Je n’ai pas de nouvelles depuis les dernières reçues de Galice. Le duc d’Elchingen<sup>[^12]</sup> avait déjà passé les montagnes et se réunissait au duc de Dalmatie<sup>[^13]</sup>, <i>qui était à 8 lieues de La Corogne</i><sup>[^14]</sup>.<sup>[^15]</sup></p><h3 class="style-titre-4-+-italique-western" data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Nap</h3><p style="text-indent: 0cm; margin-bottom: 0cm"><br/> </p> [^1]: <span></span> Mention donnée par la minute (Archives nationales, AF IV 879, janvier 1809, n° 185). [^2]: Depuis, Joseph a écrit à son frère les 13 et 14 janvier. [^3]: Napoléon ne reviendra plus en Espagne. [^4]: Alexandre Berthier. [^5]: Napoléon avait prescrit à Soult de marcher sur le Portugal à partir de La Corogne et au maréchal Victor de se porter sur l’Andalousie qui échappait encore au contrôle de l’armées impériale. [^6]: Saragosse capitulera le 21 février 1809. [^7]: <span></span> 2<sup>e</sup> division du 1<sup>er</sup> corps (Victor). [^8]: Joseph entrera dans Madrid le 22. [^9]: Vivant Denon supervisait les enlèvements d’œuvres d’art dans les pays conquis. [^10]: Ministre de France à Madrid. [^11]: Il y sera le 23. [^12]: <span></span> Ney (6<sup>e</sup> corps). [^13]: <span></span> Soult (2<sup>e</sup> corps). [^14]: Les Anglais commenceront à rembarquer le lendemain 16 janvier. [^15]: Expédition, Archives nationales, 400 AP 11. [C 14716] Notes sur la minute (Archives nationales, AF IV 879, janvier 1809, n° 185) : « portée par M. de Montesquiou ».</body>