|
CG8-19853.md| identifiant | CG8-19853.md |
|---|
| fait partie de | correspondance |
|---|
| est validé | oui |
|---|
| date | 1809/01/15 00:00 |
|---|
| titre | Napoléon à Frédéric Ier, roi de Wurtemberg |
|---|
| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG8</i> - 19853. - </b>À Frédéric I<sup>er</sup>, roi de Wurtemberg</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Valladolid, 15 janvier 1809</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Monsieur mon frère, on
m’a annoncé de Paris qu’un aide de camp de Votre Majesté devait
venir me trouver avec une lettre d’elle ; je ne l’ai point
encore vu. Les affaires ont marché ici comme je pouvais le désirer.
Les armées espagnoles ont été détruites ; l’armée
anglaise a été poursuivie l’épée dans les reins, l’espace de
cent cinquante lieues. Je l’ai poursuivie moi-même jusqu’aux
montagnes de la Galice. Elle a déjà perdu le tiers de son monde,
tous ses bagages, et abattu elle-même la plus grande partie de ses
chevaux, indépendamment de 10 000 Espagnols, reste des armées
du nord de l’Espagne, qui ont été pris ou dispersés, et qui
l’avaient suivie. Je verrai avec plaisir que Votre Majesté donne
des ordres pour que ses journaux démentent les faux bruits publiés
par les gazettes de Presbourg et de Vienne dans l’intention
malicieuse d’entraîner l’Allemagne dans une lutte qui doit
occasionner la ruine de cet État<sup>[^1]</sup>.
La Russie est indignée, comme moi, de cette conduite extravagante de
l’Autriche. Nous ne pouvons rien concevoir à cet esprit de vertige
qui s’est emparé de la cour de Vienne<sup>[^2]</sup>.
Lorsque Votre Majesté lira cette lettre, je serai à Paris<sup>[^3]</sup>.
Une partie de mon armée d’Espagne est en mouvement rétrograde
pour former une armée de réserve. Mais, indépendamment de cela, je
puis envoyer en Allemagne, sans toucher à un seul homme de mon armée
d’Espagne, et me porter, à la fin de février, avec 150 000
hommes sur l’Inn, indépendamment des troupes de la Confédération.
Je suppose que les troupes de Votre Majesté sont prêtes à marcher
au moindre mouvement<sup>[^4]</sup>.
Elle sent toute l’importance, s’il faut absolument faire la
guerre, de la porter sur le territoire de nos ennemis, plutôt que de
la laisser s’établir sur le territoire de la Confédération. Je
prie Votre Majesté de m’écrire à Paris ce qu’elle pense de
tout cela. Est-ce que les eaux du Danube auraient acquis la propriété
du fleuve Léthé ?<sup>[^5]</sup></p><h3 class="style-titre-4-+-italique-western" data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3>
[^1]: Voir les lettres de Napoléon réclamant une surveillance plus étroite des gazettes allemandes : n° 19805 et 19812.
[^2]: Voir plus haut la lettre du même jour adressée au prince-primat Dalberg. Cette lettre a fourni le modèle des lettres adressées ensuite aux principaux souverains de la Confédération du Rhin.
[^3]: Voir la lettre précédente (note 2).
[^4]: Le contingent du royaume de Wurtemberg était fixé à 12 000 hommes.
[^5]: Expédition, Abteilung Hauptstaasarchiv des Landesarchivs Baden-Württemberg (Stuttgart), G 243 d. 60. [C 14722] Note sur la minute (Archives nationales, AF IV 879, janvier 1809, n° 191) : « portée par l’officier d’ordonnance Marbeuf ».</body> |
|---|
| |
|