CG8-19816.md

identifiantCG8-19816.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1809/01/13 00:00
titreNapoléon à Joseph, roi d’Espagne
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG8</i> - 19816. - </b>À Joseph, roi d’Espagne</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Valladolid, 13 janvier 1809</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Mon frère, l’ennemi est resté dans la journée du 8 sur les hauteurs de Castro<sup>[^1]</sup>. Le duc de Dalmatie<sup>[^2]</sup> se résolut à attaquer dans la matinée du 9, son artillerie et son infanterie étant arrivées le 8. La position de Castro n’était attaquable que par la gauche, la droite étant appuyée à la rivière. Le duc de Dalmatie fit faire un mouvement pour tourner la gauche de l’ennemi, qui, s’en étant aperçu, partit à la nuit tombante et continua sa retraite toute la nuit <i>du 8</i>. On a trouvé à Lugo 300 malades anglais, 18 pièces de canon. Les Anglais ont détruit la plus grande partie de leurs munitions. On a fait, dans la journée du 9, 500 prisonniers anglais. Voilà donc déjà 3 000 prisonniers anglais que nous avons. On a compté 700 chevaux abattus par eux dans la ville de Lugo ; ce qui fait plus de 2 500 chevaux qu’ils perdent. Le duc de Dalmatie espérait arriver le 10 à Betanzos, à peu de lieues de La Corogne. Les Anglais ont à La Corogne 400 bâtiments<sup>[^3]</sup>.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Les habitants de la Galice paraissent animés du meilleur esprit. L’évêque de Lugo<sup>[^4]</sup> et le clergé sont restés. La ville a été pillée par les Anglais, et a beaucoup souffert à la retraite de ceux-ci, qui se portent à tous les excès imaginables.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Faites mettre ces nouvelles dans les gazettes. Faites aussi que les gazettes de Madrid arrivent à Valladolid, et que vos ministres écrivent à vos intendants.</p><p style="margin-bottom: 0cm">On m’a assassiné deux gendarmes d’élite à la poste, à l’intersection des chemins de Guadarrama et de l’Escurial. J’avais demandé qu’on y envoyât 25 à 30 hommes du Royal-Étranger<sup>[^5]</sup>.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Je ne vois pas d’inconvénient que vous preniez des prisonniers, dont on pourrait être sûr, pour former vos régiments ; mais il ne faut pas prendre d’officiers<sup>[^6]</sup>.<sup>[^7]</sup></p><h3 class="style-titre-4-+-italique-western" data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Np</h3> [^1]: Aux abords de Lugo. [^2]: L'avant-garde de Soult était en vue de Lugo le 6, mais le maréchal Soult avait décidé de concentrer ses moyens avant d'attaquer l'armée de Moore qui décampât dans la nuit du 8 au 9. [^3]: Ils embarqueront le 16 à bord de cette flotte. [^4]: Mgr Felipe Pelaez de Caunedo. [^5]: Régiment organisé et commandé par le colonel Hugo. [^6]: Joseph écrivait le 11 janvier : « J’ai deux colonels espagnols très sûrs et très habiles pour former deux régiments, mais les soldats manqueront longtemps, à moins que Votre Majesté n’autorise à prendre parmi les prisonniers, qui, ayant été si malheureux avec l’insurrection seront fidèles et heureux d’être incorporés dans des corps qui ne manqueront de rien. » [^7]: Expédition, Archives nationales, 400 AP 11. L’original est altéré. [C 14699] Note sur la minute (Archives nationales, AF IV 879, janvier 1809, n° 157) : « portée par l’estafette ».</body>