| identifiant | CG8-19706.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1809/01/07 00:00 |
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| titre | Napoléon au général Caulaincourt, ambassadeur à Saint-Pétersbourg |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG8</i> - 19706. - </b>Au général Caulaincourt, ambassadeur à Saint-Pétersbourg</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Valladolid, 7 janvier 1809</h2><p style="margin-bottom: 0cm">Monsieur de
Caulaincourt, Je reçois votre lettre du 8 décembre. Les bulletins
se sont succédés avec rapidité. Les nouvelles de Constantinople,
les nouvelles d’Autriche<sup>[^1]</sup>
et aussi le besoin de me rapprocher de France m’ont rappelé au
centre ; car il y a d’ici à Lugo 100 lieues, ce qui en ferait
200 pour le retour des estafettes. J’ai laissé le duc de Dalmatie<sup>[^2]</sup>
avec 30 000 hommes pour suivre la retraite des Anglais ; le
maréchal Ney<sup>[^3]</sup>
est en seconde ligne sur les montagnes qui séparent la Galice du
royaume de León. Le duc de Dalmatie doit être à Lugo. Il est
possible que, lorsque vous recevrez cette lettre, je sois de retour à
Paris<sup>[^4]</sup>.
Dites à l’Empereur qu’en Italie et en Dalmatie j’ai 150 000
hommes à opposer à l’Autriche, non compris l’armée de Naples ;
que j’ai 150 000 hommes sur le Rhin, et, en outre, 100 000
hommes de la Confédération ; qu’enfin, au premier signal, je
puis entrer avec 400 000 hommes en Autriche<sup>[^5]</sup> ;
que ma Garde est aujourd’hui à Valladolid, où je la laisse
reposer huit jours, et que je la dirigerai ensuite sur Bayonne ;
que je suis prêt à me porter sur l’Autriche, si cette puissance
ne change pas de conduite, et que si ce n’eût pas été pour ne
rien faire de contraire à notre alliance, déjà je me serais mis en
guerre avec cette puissance ; car les affaires d’Espagne, qui
m’occupent 200 000 hommes, ne m’empêchent pas de me croire
deux fois plus fort que l’Autriche, quand je suis sûr de la
Russie ; que le seul mal que je voie, c’est que cela coûte
beaucoup d’argent ; que je viens de lever encore 80 000
hommes ; que je désire que nous prenions enfin le ton
convenable avec l’Autriche. Je l’ai proposé à Erfurt. Autrement
nous ne pourrons terminer rien de bon sur les affaires de Turquie<sup>[^6]</sup>.
Nous aurions peut-être eu la paix, sans les espérances que les
Anglais ont fondées sur les dispositions de l’Autriche<sup>[^7]</sup>.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Quant aux deux
vaisseaux russes à Toulon<sup>[^8]</sup>,
il n’y a pas de doute qu’ils seront payés. Je viens encore
d’écrire à ce sujet<sup>[^9]</sup>.</p><p style="margin-bottom: 0cm">Vous pouvez assurer
qu’il n’y a plus d’armée espagnole<sup>[^10]</sup>.
Si tout le pays n’est pas entièrement soumis, c’est qu’il y a
beaucoup de boue, et qu’il faut beaucoup de temps ; mais tout
se terminera.<sup>[^11]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Napoléon</i></h3><p style="margin-bottom: 0cm"><br/>
</p>
[^1]: Il s’agit des armements auxquels l’Autriche procède depuis le début de la guerre d’Espagne, et qui ont motivé la décision prise par Napoléon de rassembler une armée en Allemagne, une autre dans le nord de l’Italie et de rentrer au plus vite à Paris.
[^2]: <span></span> Soult (2<sup>e</sup> corps renforcé).
[^3]: <span></span> 6<sup>e</sup> corps.
[^4]: Napoléon arrivera à Paris le 23 janvier.
[^5]: Sur les dispositions militaires prises par Napoléon pour faire face à un éventuel conflit avec l’Autriche, Voir CG8-19656, et 19714.
[^6]: L’Empire ottoman, dont la France s’efforçait d’éviter le démantèlement, avait été au centre des entretiens d’Erfurt entre Napoléon et le tsar. Le premier avait réussi à faire renoncer le second à l’idée d’un partage de l’Empire ottoman, en échange de l’annexion à la Russie des provinces danubiennes ottomanes, la Valachie et la Moldavie, mais sans fixer de date précise.
[^7]: L’Angleterre a rejeté les offres de pourparlers envoyées conjointement par Napoléon et par le tsar (Voir CG8-19685).
[^8]: <span></span><i>Le</i><i>Moscou</i> et <i>Le</i><i>Saint-Pierre</i>.
[^9]: Voir plus bas la lettre à Decrès.
[^10]: Elles étaient en très grande difficulté mais loin d’être entièrement détruites.
[^11]: Expédition, collection privée (copie d’expédition, Archives nationales, fonds Caulaincourt, 95 AP 8).</body> |
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