| identifiant | CG1-0810.md |
|---|---|
| fait partie de | correspondance |
| est validé | oui |
| date | 1796/07/22 00:00 |
| titre | Napoléon à Joséphine |
| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 810. - </b>À Joséphine</h1><p style="text-align: center"><br/> </p><h2 data-kind="letter-context;" lang="en-GB" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Castiglione, 4 thermidor an IV [22 juillet 1796]</h2><p lang="en-GB" style="background: #ffffff"><br/> </p><p>Les besoins de l’armée exigent ma présence dans ces environs. Il est impossible que je puisse m’éloigner jusqu’à venir à Milan. Il me faudrait cinq à six jours et il peut arriver pendant ce temps-là des moments où ma présence pourrait être urgente ici. </p><p>Tu m’assures que ta santé est bonne. Je te prie en conséquence de venir à Brescia. J’envoie à l’heure même Murat pour t’y préparer un logement dans la ville, comme tu le désires[^1].</p><p>Je crois que tu feras bien d’aller coucher le 6 à Cassano, partant fort tard de Milan, et de venir le 7 à Brescia où le plus tendre des amants t’attend. Je suis désespéré que tu puisses croire, ma bonne amie, que mon cœur puisse s’ouvrir à d’autres qu’à toi. Il t’appartient par droit de conquête et cette conquête sera solide et éternelle. Je ne sais pourquoi tu me parles de M<sup>me</sup> [Tarera], dont je me soucie fort peu, et des femmes de Brescia qui m’intéressent, je t’assure, fort peu. Si j’en connaissais, comment serait-il donc possible que j’écrive que je n’en connais pas.</p><p>Quant à tes lettres qu’il te fâche que j’ouvre, celle-ci sera la dernière. Ta lettre n’était pas arrivée. Je ne te prescris rien pour [...] ou pour [...][^2], la jalousie est indigne de moi et tu es bien sûre que je ne serai jamais atteint de cette plate folie. Je crois cependant que dans un pays où tous les regards sont fixés sur toi, tu dois te mettre à l’abri de l’ombre du soupçon et des jactances de l’homme le plus léger et le plus inconséquent des quatre-vingt-sept députés de France[^3].</p><p>Adieu, ma tendre amie, donne-moi souvent de tes nouvelles. Viens promptement me joindre et sois heureuse et sans inquiétude, tout va bien et mon cœur est à toi pour la vie.</p><p>Aie soin de rendre à l’adjudant Vial la boîte[^4] de médailles qu’il m’écrit t’avoir remise. Les hommes sont si mauvaise langue et si méchants qu’il faut se mettre en règle sur tout.</p><p>Santé, amour et prompte arrivée à Brescia.</p><p style="text-align: right; margin-top: 0.49cm; margin-bottom: 0.49cm"><i>B. P.</i></p><p>J’ai à Milan une voiture à la fois de ville et de campagne, tu te serviras de cela pour venir. Porte avec toi ton argenterie et une partie des objets qui te sont nécessaires, tu enverras prendre ensuite ce qui te pourrait devenir nécessaire. Voyage à petites journées et pendant le frais afin de ne pas te fatiguer. La troupe ne met que trois jours pour se rendre à Brescia, il y a en poste pour quatorze heures de chemin. Si tu vas coucher le 6 à Cassano, je viendrai à ta rencontre le 7 le plus loin possible.</p><p>Adieu, ma Joséphine. Mon cœur est serré de douleur, je ne sais pourquoi. Serait-il possible que tu pusses ne plus m’aimer un jour ???</p><p>Mille baisers tendres, mon âme est dans la tienne.[^5]</p><p style="text-align: right; margin-top: 0.49cm; margin-bottom: 0.49cm"><i>B. P.</i></p><p style="font-variant: small-caps"><br/> </p><p style="font-variant: small-caps; "> <br/> </p> [^1]: Bonaparte séjourna à Brescia du 25 au 28 juillet. [^2]: Mots barrés. Peut-être « Dubauget » et « Colineau », probablement deux fournisseurs aux armées. [^3]: Nous ne savons pas qui est ainsi désigné. [^4]: Honoré Vial (1766-1813) allait être nommé général de brigade en août. [^5]: <span></span>Expédition autographe, Archives nationales, 400 AP 6, vol. I, n° 7, publiée par Chantal de Tourtier-Bonazzi, Jean Tulard,<i>Napoléon, Lettres d’amour à Joséphine</i>, Fayard, 1981, n° 23, p. 104.</body> |