CG8-19625.md

identifiantCG8-19625.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1808/12/22 00:00
titreNapoléon au général Léry, commandant en chef le génie de l’armée d’Espagne
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG8</i> - 19625. - </b>Au général Léry, commandant en chef le génie de l’armée d’Espagne</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Chamartin, 22 décembre 1808</h2><p>Le camp retranché doit occuper la ligne abcd c’est-à-dire de 5 à 600 toises, la ligne ad est tracée par le terrain, la ligne dc également. Les lignes ab bc qui peut-être doivent être en zigzag, doivent être abc’d’.</p><p>Voici ce qu’on entend par cette ligne bc, c’est la ligne qui couronne la crête de la hauteur, de manière qu’elle soit défilée des feux du couvent, de la caserne des gardes du corps et des hauteurs qui sont dans la campagne. Les glacis se trouvent tout faits. Les ouvrages de campagne sont faciles à faire. Le tout doit être flanqué et défilé de tous les feux. </p><p>Si on ne peut prendre la ligne bcd on peut prendre la ligne bc’d’, qui passe sur la crête de 2 hauteurs et qui peut être défilée des feux de la caserne et des bâtiments. </p><p>Quant au réduit, il doit être sur la hauteur mnpq. La ligne qp doit être la ligne supérieure de sorte que mq et np fassent à peu près ce que présente le profil, que la ligne qp serve de traverse à tout le réduit. mqnp demande de l’art dans son tracé pour le défilement de la hauteur opposée sur laquelle passe la ligne bc. </p><p>Ces lignes sont tracées au hasard pour faire comprendre l’idée. </p><p>Le réduit doit être en brique. </p><p>Résumé. Un réduit en maçonnerie imprenable, avec escarpe et contre-escarpe, tel que 200 hommes et 12 ou 15 pièces de canon de mortiers soient à l’abri des assauts de toute l’Espagne et puissent continuer à brûler et bombarder la ville.</p><p>Au pied un ouvrage en terre de campagne de 200 toises de développement pouvant donner un second rang de feux et pouvant contenir 4 ou 500 hommes, plus fossé ou chemin couvert et glacis avec 4 ou 5 flèches ou redans faisant 500-600 toises de développement et pouvant contenir mille hommes. Alors n’a-t-on que 150 hommes on est bien. En a-t-on 300 ? On est bien. 3000 ? On est bien. Dans le premier cas on occupe le réduit, dans le second l’étoile, dans le 3<sup>e</sup> le camp retranché. </p><p>Reste à l’ingénieur à mettre de l’art dans le tracé, dans le profil, pour que dans aucune hypothèse les ouvrages intérieurs ne puissent pas être réduits. </p><p>Je pense donc qu’on doit commencer par tracer le réduit et commencer la maçonnerie et en même temps l’étoile qui doit contenir des couverts. Le camp retranché se fera après. </p><p>Cette idée de camp retranché me sourit d’autant plus que toute la position elle-même n’est qu’un camp retranché et qu’en faisant un fossé autour, ce sera un ouvrage fort difficile à attaquer, si on avait 2 ou 3 mille hommes pour le défendre.<sup>[^1]</sup></p> [^1]: Minute, Archives nationales, AF IV 878, décembre 1808, n° 173.</body>