CG8-19606.md

identifiantCG8-19606.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1808/12/21 00:00
titreNapoléon au maréchal Kellermann, commandant de l’armée de réserve d’Espagne
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG8</i> - 19606. - </b>Au maréchal Kellermann, commandant de l’armée de réserve d’Espagne<sup> [^1]</sup></h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Madrid, 21 décembre 1808</h2><p>Mon cousin, je suppose que vous êtes arrivé à Bayonne, et que les choses vont prendre une autre tournure. Réunissez tous les petits dépôts dans la ville, et mettez dans tout cela votre activité ordinaire. Des magasins considérables ont été établis à Bayonne, faites en faire l’inventaire et faites-moi connaître ce qui reste. Je n’ai pas besoin de viande ni même de la plus grande partie de ces vivres. Veillez à ce que rien ne se gâte.</p><p><u>Équipages militaires</u>. Il est resté à Bayonne <i>ou Bordeaux</i> des caissons des 4<sup>e</sup>, 7<sup>e</sup>, 8<sup>e</sup>, 10<sup>e</sup>, 11<sup>e</sup>, 1<sup>er</sup> et 3<sup>e</sup> bataillons d’équipages militaires. Vous savez que chacun des bataillons est de quatre compagnies, chaque compagnie de 36 caissons, ce qui fait 144 caissons par bataillon. Je n’ai ici eu aucun de ces bataillons qui ait plus de 90 caissons ; le reste est à Bayonne. Portez votre œil attentif sur cette phase ; prenez toutes les mesures pour lever les obstacles, et que tout caissons partent.</p><p><u>Habillement.</u> Depuis le mois d’août, j’ai prescrit des mesures pour réunir à Bayonne des magasins considérables d’effets d’habillement, mes intentions ne sont pas remplies et je n’ai rien. Faites-vous remettre sous les yeux les ordres qu’a donnés l’ordonnateur, faites-vous rendre compte de ce qui est arrivé et sachez pourquoi le reste n’arrive pas. Pressez les ouvriers de Bordeaux ; activez la confection, et concertez-vous avec le préfet des Landes<sup>[^2]</sup> et les préfets voisins sur les moyens de presser les arrivages. Je n’ai besoin de biscuits ni de vivres, mais de souliers, capotes, chemises.</p><p><u>Administration des corps</u>. Les corps ont des souliers à Bayonne ; ils en ont tous trois ou quatre mille paires envoyées dans leurs dépôts. Prenez les mesures nécessaires pour les faire arriver ici, faites les partir par gros convois en profitant d’une escorte et avec des feuilles de route, des endroits où il sont. Il faut que les escortes soient composées de compagnies de marche de 120 hommes.</p><p><u>Conscrits</u>. 20 000 hommes doivent être réunis à Bayonne des dernières levées ; plus de 17 000 sont déjà présents. J’ai demandé qu’on fit partir 1°, cinq bataillons de marche, composés de conscrits appartenant aux 1<sup>er</sup>, 2<sup>e</sup>, 3<sup>e</sup>, 4<sup>e</sup> et 6<sup>e</sup> corps<sup>[^3]</sup>, formés de 4 compagnies chacun, ce qui fait près de 4 000 hommes ; 2° trois bataillons de marche composés, le premier de tous les conscrits habillés appartenant aux 1<sup>er</sup>, au 6<sup>e</sup> et au 4<sup>e</sup> corps et sont de 800 à 1 100 hommes ; le 2<sup>e</sup> des conscrits disponibles des 3<sup>e</sup> et 5<sup>e</sup> corps<sup>[^4]</sup>, fort de 800 à 1 000 hommes ; et le 3<sup>e</sup> de conscrits disponibles des 2<sup>e</sup> et 8<sup>e</sup> corps<sup>[^5]</sup> fort de 800 hommes.</p><p>3° D’un régiment provisoire de Bayonne formé des compagnies des 114<sup>e</sup>, 115<sup>e</sup>, 116<sup>e</sup>, 117<sup>e</sup>, 118<sup>e</sup>, et 120<sup>e</sup> régiments d’infanterie de ligne<sup>[^6]</sup>, fort de 1 696 hommes. Il est fort important de diriger tout ces détachements bien armés, bien habillés et bien équipés sur les lieux que j’ai désignés. Il ne faut pas confondre avec ces bataillons de marche et ce régiment provisoire, les hommes isolés venant de la Grande Armée ou sortant des hôpitaux. Ces derniers devront être dirigés sur leurs régiments, à mesure qu’on en aura formé une compagnie de 120 hommes d’un même corps d’armée.</p><p><u>Dépôts de cavalerie</u>. Le dépôt de cavalerie est à Pau. Celui des équipages militaires est je crois à Auch. Le général Bourcier vient de passer la revue de celui de Pau. Prenez des mesures pour qu’il y ait des selles, et que tout ce qui est disponible parte. Profitez des estafettes pour écrire là-dessus aux ministres Dejean et Clarke. Faites passer la revue des équipages du train. Je vous ai laissé beaucoup de caissons à Bordeaux. Prenez des mesures pour que les caissons soient attelés de mulets et qu’ils partent pour l’armée. J’ai assez de pièces indépendamment de celles que j’ai amenées de France, j’en ai pris un grand nombre à l’ennemi. J’ai besoin de boulets de 24 et par-dessus tout, de caissons d’obus et de 12. S’il n’y a pas de caissons, envoyez-moi des munitions confectionnées d’obus et de 12. Expédiez-moi par les premiers chevaux d’artillerie qui passeront 3 000 obus et 3 000 coups de 12.</p><p>J’ai donné ordre qu’il fut mis cent mille francs à votre disposition. Faites-moi connaître ce qu’il faut que j’ordonne pour lever tous les obstacles et pour que je sois abondamment pourvu de souliers. Ce pays n’en fournit pas du tout. J’attends de votre zèle qu’avant le 1<sup>er</sup> février, les 6 000 conscrits qui sont à Bayonne seront en Espagne où ils serviront merveilleusement sur mes derrières pour les garder ; mais il faut qu’ils soient en bonne état et qu’il ne leur manque rien.<sup>[^7]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Napo</i></h3> [^1]: Il a été nommé à ce poste le 25 novembre. [^2]: Valentin du Plantier. [^3]: Respectivement les corps de Victor, Soult, Moncey, Lefebvre et Ney. [^4]: <span></span> Le 5<sup>e</sup> corps est celui de Mortier. [^5]: <span></span> Le 8<sup>e</sup> corps est celui de Junot. [^6]: Régiments de récente formation. [^7]: Expédition, Bibliothèque nationale de France, NAfr. 22740, f. 6-8rv. [C 14605]</body>