| identifiant | CG1-0803.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1796/07/21 00:00 |
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| titre | Napoléon à Joséphine |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 803. - </b>À Joséphine</h1><p><br/>
</p><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Quartier général, Castiglione, 3 thermidor an
IV [21 juillet 1796]</h2><p style="text-align: right">à 8 heures du matin</p><p style="background: #ffffff"><br/>
</p><p>J’espère qu’avant ce soir je recevrai une de
tes lettres. Tu sais, ma chère Joséphine, le plaisir qu’elles me
font, et je suis sûr que tu te plais à les écrire. Je partirai
cette nuit pour Peschiera, pour les montagnes du Trent[in], pour
Vérone, et de là, à Mantoue, et peut-être de là à Milan[^1],
recevoir un baiser, puisque tu m’assures qu’ils ne sont pas
glacés, mais bien brûlants. J’espère que tu seras parfaitement
rétablie alors, et que tu pourras m’accompagner à mon quartier
général pour ne plus me quitter. N’es-tu pas l’âme de ma vie
et le sentiment de mon cœur ?</p><p>Je t’envoie de quoi faire une belle jupe de
taffetas de Florence, ce sera pour les dimanches et les jours où tu
te fais belle. Tu vois que je suis généreux, cela me coûte plus de
30 livres. Mais ce n’est pas tout : je veux encore t’envoyer une
belle robe de crêpe. Écris-moi une lettre où tu me spécifieras la
qualité, la couleur et la quantité. Je te l’enverrai prendre à
Bologne.</p><p>Tes protégés[^2]
sont un peu vifs, ils sentent sans doute combien je leur suis obligé
de faire en eux quelque chose qui te soit agréable. Ils se rendent à
Milan. Il faut en tout un peu de patience.</p><p>Tu dois, à cette heure, bien connaître Milan.
Peut-être as-tu trouvé cet amant que tu y venais chercher.
Seulement, tu l’auras trouvé sans que je te l’aie offert. Cette
idée ne laisse pas. Mais non, ayons meilleure idée de notre mérite.
À propos, l’on m’assure que tu connais depuis longtemps et
<u>beaucoup</u>[^3]
ce monsieur[^4]
que tu me recommandes pour une entreprise. Si cela pouvait être, tu
serais un monstre.</p><p>Que fais-tu à cette heure ? Tu dors, n’est-ce
pas ? Et je ne suis pas là pour respirer ton haleine, contempler tes
grâces, et t’accabler de mes caresses. Loin de toi, les nuits sont
longues, fades et tristes, près de toi, l’on regrette qu’il ne
soit pas toujours nuit.</p><p>Adieu, belle et bonne, toute incomparable, toute
divine ; mille baisers amoureux partout, partout.[^5]</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>B. P.</i></h3><p><br/>
</p><p style="text-align: right; margin-top: 0.49cm; margin-bottom: 0.49cm"><br/>
<br/>
</p>
[^1]: Bonaparte allait en effet retrouver Joséphine et séjourner avec
elle à Brescia.
[^2]: Probablement Hyppolite Charles et le financier Hamelin qui étaient
du voyage avec Joséphine.
[^3]: Souligné trois fois.
[^4]: Sans doute un fournisseur aux armées dont le nom n’a pu être
retrouvé.
[^5]: <span></span>Expédition, d’après photographie et transcription du [catalogue
de vente]<i>Collection Emile Brouwet</i>,<i>Napoléon et son
temps</i>, 1<sup>re</sup>partie, Drouot, 14 et 15 novembre 1934, n°
7, p. 3.</body> |
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