CG8-19591.md

identifiantCG8-19591.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1808/12/21 00:00
titreNapoléon au général Clarke, ministre de la Guerre
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG8</i> - 19591. - </b>Au général Clarke, ministre de la Guerre</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Madrid, 21 décembre 1808</h2><p>Monsieur le général Clarke, il résulte d’un grand état que m’a envoyé M. Lacuée qu’il manque au grand complet 148 000 hommes<sup>[^1]</sup> ; en retranchant de ce nombre les légions de réserve<sup>[^2]</sup> que mon intention n’est pas de compléter, c’est-à-dire 13 000 hommes, il restera un déficit de 135 000 hommes. Sur ces 135 000 hommes, 72 000 hommes ont été fournis par les levées extraordinaires. Il faut donc appeler sur 1810 63 000 hommes, pour porter mon armée au grand complet. Je veux appeler à la Garde 6 000 conscrits de 1810. On appellera pour la Garde 10 fusiliers par département, c'est-à-dire 1 000 hommes, total, 7 000 hommes, ce qui ferait donc 70 000 hommes des 10 000 hommes de plus me paraissent nécessaires pour équivaloir aux pertes qui auront lieu à toutes les armées par les réformes de cette année. Je désire donc que vous me présentiez un projet de décret pour appeler 80 000 conscrits de 1810 sous mes drapeaux, et pour les répartir entre tous les corps, selon les besoins et pour les porter au complet.</p><p>Il résulte de l’état de situation des régiments d’infanterie de l’armée d’Italie, de Dalmatie et de Naples du 1<sup>er</sup> novembre que vous m’avez envoyé, qu’il manque au complet des cadres 13 000 hommes. Il vous sera facile de faire un état pareil pour toutes les autres armées. Je vais faire des légions des régiments ; mais je pense qu’il y aura assez de quoi les recruter. Mon intention est que les régiments soient portés tous au complet de 3 900 hommes, c’est-à-dire de cinq bataillons.</p><p>Quant à la formation des 5<sup>es</sup> bataillons, pour ceux qui n’en ont pas, je serai toujours à temps de me décider dans le courant de mars. Mon intention est que les premières opérations de la conscription commencent au 15 janvier, et que les conscrits soient en pleine marche au 15 février. On aura soin que tous les conscrits des départements au-delà des Alpes soient envoyés dans le Nord, dans l’Ouest et sur le Rhin, et spécialement au 36<sup>e</sup> léger, au 111<sup>e</sup> de ligne, au 26<sup>e</sup> de chasseurs, au 21<sup>e</sup> de dragons et aux tirailleurs du Pô ; que les Corses soient envoyés aux tirailleurs corses, les Belges au 112<sup>e</sup>. Du reste, vous ferez dresser des états pareils à celui que vous m’avez envoyé pour les armées d’Italie, de Dalmatie et de Naples. Vous parlerez à M. Lacuée, qui pourra préparer ses circulaires aux préfets, et au ministre Dejean, pour que l’habillement de 1810 soit de bonne heure envoyé aux corps.</p><p>Je suppose que, moyennant cette levée, l’armée du Rhin aura ses bataillons au complet ; que le corps d’Oudinot aura comme je l’ai ordonné ses 36 bataillons au complet. Que les armées d’Italie, de Naples et de Dalmatie seront également à leur grand complet.</p><p>Ses conscrits seront tous dirigés à leurs dépôts. Il ne sera dirigé sur Bayonne et Perpignan que ceux des régiments qui ont leur grand dépôt dans ces villes. Vous concevrez facilement pourquoi je désire que les conscrits soient dirigés sur leurs dépôts, au lieu d’aller à Bayonne, puisque mon intention est pas de faire entrer d’abord en ligne ces conscrits, mais de m’en servir de préférence pour garder mes places, par une combinaison qu’il sera temps de faire au mois de mars. Comme j’ai un grand nombre de dépôts dans le Nord, il me semble qu’il sera facile d’en tirer une vingtaine de mille hommes pour mes camps de Boulogne et de Flessingue. La Bretagne est aussi un objet important. Les dépôts qui s’y trouvent fourniront aussi une ressource. Il s’agit aujourd’hui de fournir des hommes, et j’aurai le temps de les disposer pour la défense de mes côtes, au mois de mai. Il n’y a donc pas un moment à perdre pour me présenter les états de distribution entre les différents corps. Moyennant que je compte compléter tous les régiments à l’effectif de cinq bataillons, il me faudra les 80 000 hommes.<sup>[^3]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3> [^1]: En appliquant le décret du 18 février 1808, pour former les régiments d’infanterie à 5 bataillons. [^2]: Les 5 légions de réserve de l’Intérieur. [^3]: <span></span> Copie d’expédition, S.H.D., GR, 17 C 321 (minute, Archives nationales, AF IV 878, décembre 1808, n° 146). Extrait, [catalogue de vente], Étude Gros &amp; Delettrez, <i>Lettres de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i>, de Joséphine, de Marie-Louise, et de la famille Bonaparte</i>, Drouot, 26 et 27 février 2003, n° 115. [C 14601]</body>