| identifiant | CG1-0799.md |
|---|---|
| fait partie de | correspondance |
| est validé | oui |
| date | 1796/07/20 00:00 |
| titre | Napoléon au général Vaubois |
| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 799. - </b>Au général Vaubois[^1]</h1><p style="text-align: center"><br/> </p><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Quartier général, Castiglione, 2 thermidor an IV [20 juillet 1796]</h2><p><br/> </p><p>Je suis très peu satisfait, général, de votre proclamation. Le commissaire du Gouvernement n’a pas le droit de vous requérir, et dans la place importante que vous commandez[^2], l’on est aussi coupable d’obéir à ceux qui n’ont pas le droit de commander que de désobéir à ses chefs légitimes. Par l’esprit de l’instruction que je vous avais donnée[^3], et par tout ce que je vous avais dit de vive voix pendant mon séjour à Livourne, il devait vous être facile de sentir que cette proclamation n’aurait pas mon approbation.</p><p>Le citoyen Belleville[^4] a été uniquement chargé des opérations relatives au séquestre des biens appartenant, dans Livourne, à nos ennemis. J’ai appris avec étonnement le gaspillage et le désordre qui y existent.</p><p>Vous devez accorder au citoyen Belleville toute la force dont il peut avoir besoin, et vous devez le revêtir et lui donner toute la confiance nécessaire pour qu’il dénonce les abus, et fasse tourner au profit de la République les marchandises que nous avons séquestrées à nos ennemis.</p><p>Pressez l’armement et l’équipement de la 75<sup>e</sup> demi-brigade, parce que, dès l’instant que ces braves gens seront reposés, mon intention est de les rappeler à l’armée.</p><p>L’intention du gouvernement n’est pas qu’on fasse aucun tort aux négociants livournais, ni aux sujets du grand-duc de Toscane. Tout en cherchant les intérêts de la nation, l’on doit être généreux et juste. J’ai été aussi affligé qu’étonné des vexations que l’on commet contre le commerce de Livourne. Vous voudrez bien me rendre un compte détaillé de tout ce qui a été fait à ce sujet. Vous aurez soin surtout de m’instruire par quelle autorité le citoyen Lachèze[^5] a quitté son consulat de Gênes pour s’ingérer dans les affaires de Livourne.</p><p>Une grande quantité de réfugiés corses se rendent à Livourne pour de là passer dans cette île. Tenez 4 000 fusils de chasse, un millier de paires de pistolets, six milliers de poudre et des balles en proportion, à la disposition du citoyen Sapey, qui sera chargé de les faire passer aux patriotes insurgés de ce département.[^6]</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Bonaparte</h3> [^1]: <span></span>Charles-Henri Belgrand de Vaubois (1748-1839), ami de Bonaparte dès les premiers temps de la Révolution, il est lieutenant-colonel en second du 3<sup>e</sup>bataillon de volontaires nationaux de la Drôme en 1791. Général de brigade à l’armée des Alpes, il passe à l’armée d’Italie (mai 1796) et, plus tard, le commandement militaire de la Corse. [^2]: Voir ci-dessus, la lettre de Bonaparte au commissaire du Gouvernement Garrau sur ce sujet, n° 794. [^3]: Ci-dessus, n° 736. [^4]: Consul à Livourne. [^5]: Lachèze, consul de la République française à Gênes au début de la campagne d’Italie. [^6]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 772, d’après le dépôt de la Guerre.</body> |