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CG8-19416.md| identifiant | CG8-19416.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1808/11/27 00:00 |
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| titre | Napoléon à Murat, roi de Naples |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG8</i> - 19416. - </b>À Murat, roi de Naples</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Aranda, 27 novembre 1808</h2><p>Mon
frère, j’ai lu avec attention le mémoire remis, par votre
ministre secrétaire d’État de la Justice<sup>[^1]</sup>,
sur le code Napoléon. La considération la plus importante dans ce
code est celle du divorce ; elle en est le fondement. Vous ne
devez y toucher d’aucune manière ; c’est la loi de l’État.
Je préférerais que Naples fût à l’ancien roi de Sicile<sup>[^2]</sup>
plutôt que de laisser châtrer ainsi le code Napoléon. Le divorce
n’est point contraire à la religion ; les dispositions en
sont d’ailleurs extrêmement modifiées. Ceux qui, au reste, en ont
la conscience blessée, ne le mettront point en usage. Je ne puis
consentir, en ma qualité de garant de la Constitution, à des
modifications au code Napoléon. Il est adopté dans tout le royaume
d’Italie ; Florence l’a, Rome l’aura bientôt, et il faut
bien que les prêtres cessent de caresser les préjugés et se mêlent
de leurs affaires.</p><p>Tenez-vous
dans un juste milieu. Ce n’est point en cajolant les prêtres que
vous en ferez quelque chose ; s’ils croient que vous avez très
grand besoin d’eux, ils vous manqueront.</p><p>Il
est ridicule, par exemple, que vous ayez donné la décoration des
Deux-Siciles aux archevêques et évêques, en masse ; cela n’a
pas de sens et convertit cette décoration en espèce d’uniforme ;
c’est l’avilir et manquer votre but. Vous pouviez, si vous êtes
content de tous vos archevêques et évêques, les nommer
individuellement ; mais dire dans un décret : « Tous les
archevêques de notre royaume, qui ont prêté ou qui ont été
appelés à prêter le serment de fidélité entre nos mains, sont
nommés commandants de notre Ordre royal des Deux-Siciles, etc. »
faire pareille chose, c’est n’avoir pas d’idée de
gouvernement.<sup>[^3]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Napoléon</i></h3>
[^1]: Michelangelo Cianciulli.
[^2]: Ferdinand IV.
[^3]: Expédition, Archives nationales, fonds Murat, 31 AP 25, d. 479, p. 18. [C 14519]</body> |
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