| identifiant | CG1-0790.md |
|---|---|
| fait partie de | correspondance |
| est validé | oui |
| date | 1796/07/20 00:00 |
| titre | Napoléon au Directoire exécutif |
| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 790. - </b>Au Directoire exécutif</h1><p style="text-align: center"><br/> </p><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Quartier général, Castiglione, 2 thermidor an IV [20 juillet 1796]</h2><p><br/> </p><p>Messieurs du Sénat de Venise voulaient nous faire comme ils firent à Charles VIII ; ils calculaient que, comme lui, nous nous enfoncerions dans le fond de l’Italie, et nous attendaient probablement au retour[^1].</p><p>Je me suis sur-le-champ emparé de la citadelle de Vérone, que j’ai armée avec leurs canons, et en même temps j’ai envoyé un courrier au citoyen Lallement, notre ministre à Venise, pour lui dire d’enjoindre au Sénat de cesser ses armements. Vous avez vu les notes que je vous ai envoyées là-dessus par mon dernier courrier ; déjà l’armement a discontinué.</p><p>La République de Venise nous a déjà fourni trois millions pour la nourriture de l’armée ; ce n’est pas elle qui fournit, mais un entrepreneur qu’elle paye secrètement. J’en étais ainsi convenu avec le provéditeur général[^2], en convenant cependant qu’un jour la République française payerait.</p><p>Cet entrepreneur est venu plusieurs fois me trouver pour avoir de l’argent ; je l’ai renvoyé avec des promesses et ordre positif de continuer à fournir. Il a été trouver les commissaires du Gouvernement, qui lui ont donné une lettre de change de 300 000 livres à prendre sur les contributions du Pape. De toutes les mesures, c’était la plus mauvaise ; aussi aujourd’hui ne veut-on plus fournir. Par cette lettre de change de 300 000 livres, payables dans un temps où l’on sait qu’il nous revient vingt et un millions, on a ôté tout espoir d’être payé[^3], et en même temps l’on a laissé sentir que, par l’importunité et en laissant manquer le service, l’on tirerait de nous de l’argent. De sorte qu’aujourd’hui je suis obligé de me fâcher contre le provéditeur, d’exagérer les assassinats qui se commettent contre nos troupes, de me plaindre amèrement de l’armement qu’on n’a pas fait du temps que les Impériaux étaient les plus forts ; mais, par-là, je les obligerai à nous fournir, pour m’apaiser, tout ce qu’on voudra. Voilà comme il faut traiter avec ces gens-ci. Ils continueront à me fournir, moitié gré, moitié force, jusqu’à la prise de Mantoue ; et alors je leur déclarerai ouvertement qu’il faut qu’ils me payent la contribution portée dans votre instruction, ce qui sera facilement exécuté. Je crois qu’il serait utile que vous témoignassiez à M. Quirini[^4] votre étonnement de l’armement des Vénitiens, qui était, sans aucun doute, dirigé contre nous. Il n’y a pas de gouvernement plus traître et plus lâche que celui-ci.[^5]</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Bonaparte</h3> [^1]: Allusion à la bataille de Fornoue (Fornovo) du 6 juillet 1495 ayant opposé le roi de France Charles VIII et une coalition animée par les Vénitiens. [^2]: Nicolo Foscarini, provéditeur général (gouverneur) des territoires de Terre ferme de la République de Venise siégeant à Vérone. [^3]: Par les Vénitiens. [^4]: Ambassadeur de Venise à Paris. [^5]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 770, d’après la collection Napoléon.</body> |