CG1-0784.md

identifiantCG1-0784.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1796/07/18 00:00
titreNapoléon à Joséphine
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 784. - </b>À Joséphine</h1><p style="text-align: center"><br/> </p><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Quartier général, Marmirolo, 30 messidor, an IV [18 juillet 1796]</h2><p style="text-align: right">à 2 heures après-midi</p><p><br/> </p><p>J’ai passé toute la nuit sous les armes. J’aurais eu Mantoue par un coup hardi et heureux, mais les eaux du lac ont promptement baissé, de sorte que ma colonne, qui était embarquée, n’a pas pu arriver. Ce soir, je recommence d’une autre manière, mais cela ne m’offrira pas des résultats aussi satisfaisants.</p><p>Je reçois une lettre d’Eugène, que je t’envoie. Je te prie d’écrire de ma part à ces aimables enfants, de leur envoyer quelques bijoux ; assure-les bien que je les aime comme mes enfants, ce qui est à toi ou à moi se confond tellement dans mon cœur qu’il n’y a aucune différence.</p><p>Je suis fort inquiet de savoir comment tu te portes, ce que tu fais et si tu t’amuses. Toute la nuit j’ai été dans le village de Virgile, sur le bord du lac, au clair argentin de la lune. Pas une heure sans songer à ma Joséphine. Je t’ai vue dormante, une de tes mains était autour de mon col, l’autre sur ton sein. Je te pressais contre mon cœur et je sentais palpiter le tien.</p><p>L’ennemi a fait le 28 une sortie générale : il a tué, blessé deux cents hommes, il en a perdu cinq cents et est rentré avec précipitation, je me porte bien. Je suis tout à Joséphine et je n'ai de plaisir ici, et même de bonheur, que sa société.</p><p>Trois régiments napolitains sont arrivés à Brescia  ; ils se sont séparés de l’armée autrichienne en conséquence de l’armistice[^1] que j’ai lu avec M. Pignatelli.</p><p>J’ai perdu ma tabatière, je te prie de m’en acheter une un peu plate et d’y faire écrire quelque chose de joli dessus avec tes cheveux. Mille baisers aussi brûlants que tu es froide, amour sans borne et fidélité à tout épreuve.</p><p>Avant que Joseph ne parte, je désire de lui parler.[^2]</p><p style="text-align: right; margin-top: 0.49cm; margin-bottom: 0.49cm"><i>B. P.</i></p> [^1]: Le 5 juin, Bonaparte avait signé avec le comte de Belmonte-Pignatelli une convention par laquelle Naples sortait de la coalition contre la France. Faute fréquente chez lui, Bonaparte a écrit « amnistie » au lieu d’ « armistice ». [^2]: <span></span>Expédition autographe. Archives nationales, 400 AP 6, vol. I, n° 4, publiée par Chantal de Tourtier-Bonazzi, Jean Tulard,<i>Napoléon, Lettres d’amour à Joséphine</i>, Fayard, 1981, n° 20, p. 95.</body>
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