| identifiant | CG8-19231.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1808/11/10 00:00 |
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| titre | Napoléon au général Léry, commandant en chef le génie de l’armée d’Espagne |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG8</i> - 19231. - </b>Au général Léry, commandant en chef le génie de l’armée d’Espagne</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Vitoria, 10 novembre 1808</h2><p>L’Espagne
est grande ; l’Empereur ne veut point disséminer ses troupes.
Il veut donc avoir tous ses magasins dans des points fortifiés.
Saint-Sébastien est si près de Bayonne qu’à peine est-il de
quelque avantage. Pampelune est extrêmement utile. Il n’y a rien à
faire pour cette place ; tout y est fait. Miranda est
extrêmement importante ; il l’est tellement que l’Empereur
veut le fortifier et y avoir une place ; de sorte que, depuis Bayonne
et Pampelune, il soit le premier entrepôt où il puisse avoir ses
magasins d’artillerie, de vivres, d’habillement ou autres objets
précieux. La hauteur de Miranda est faite exprès pour cela. Il faut
d’abord tracer une enceinte de 5 à 600 toises sur la hauteur même,
en bonnes fortifications de campagne avec fortes et belles
palissades. Cet ouvrage ne demande que des bras et de l’argent, et
doit être fait en quinze jours. Mais 600 hommes ne pourront pas être
en sûreté dans un si faible ouvrage ; il faut, sur la hauteur,
établir un deuxième rang de feux ou un réduit. En Pologne, un
réduit eût été fait en bois, et l’opinion générale de l’armée
a été qu’un tel réduit exigeait les procédés d’un siège.
Ici, il est plus court d’employer la maçonnerie : une contrescarpe
en pierres sèches, ou même en maçonnerie ; un réduit qui n’aurait
pas 120 toises de développement, en forme de redoute, ne peut être
un grand ouvrage.
</p><p>Sous
la protection de ce réduit, on établira trois baraques en bois, une
pour l’artillerie, une pour le service des vivres et d’habillement,
et l’autre pour la garnison. Il faut que Bertrand aille sur les
lieux avec un ingénieur et trace un ouvrage comme je l’entends.
Les pierres sont rendues sur les lieux.
</p><p>À
Pancorbo, je désire qu’on achève des barrières et plusieurs
ouvrages qui sont indispensables, et surtout qu’on ferme la gorge,
qu’on achève la communication du fort avec la batterie basse. Tout
se réduit à achever cette batterie, où on peut placer quatre
pièces de Canon, et à fermer la gorge.
</p><p>L’intention
de l’Empereur est qu’on travaille à Miranda avec activité et
dans peu de jours. Ce fort<i><b> </b></i>doit servir en même temps
de tête de pont ; mais ce ne doit pas être le but principal. Une
tête de pont est nulle quand on a passé la rivière. Il faut qu’il
batte la route de Vitoria, et se défende contre l’ennemi qui
viendrait de Vitoria et contre celui qui viendrait de Burgos. Il faut
que tous les paysans d’Espagne réunis ne puissent pas le prendre
en plusieurs mois ; il faut même qu’une division de troupes de
ligne ne puisse pas le prendre avec du canon de campagne.</p><p>Il
serait à désirer que, de la citadelle établie sur la hauteur, ou
pût s’appuyer de droite et de gauche à l’Èbre, de manière à
fermer entièrement Miranda et en former une place. Peut-être
pourrait-on avoir de l’eau dans la partie basse. Il faut aussi
savoir si, dans l’été, il y a suffisamment de l’eau dans
l’Èbre, si c’est une barrière, et si on peut facilement se
fermer le long du fleuve.
</p><p>Après
Miranda, il faudra voir quel parti on pourra tirer du château de
Burgos, et ainsi de suite. Toutes les trente lieues, c’est-à-dire
toutes les trois marches, il faut qu’il y ait un pareil fort, où 4
à 500 hommes puissent être à l’abri de l’insulte et où on
puisse renfermer les effets les plus précieux de l’administration,
vivres, habillement et surtout des milliers de cartouches et de coups
de canon tout cela dans des baraques, quand on ne peut pas trouver
des églises et des bâtiments déjà faits.<sup>[^1]</sup></p>
[^1]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée
par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 14459, d’après le Dépôt de la guerre.</body> |
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