| identifiant | CG1-0775.md |
|---|---|
| fait partie de | correspondance |
| est validé | oui |
| date | 1796/07/11 00:00 |
| titre | Napoléon à Faipoult, ministre de la République française à Gênes |
| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 775. - </b>À Faipoult, ministre de la République française à Gênes</h1><p style="text-align: center"><br/> </p><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Quartier général, Marmirolo, 23 messidor an IV [11 juillet 1796]</h2><p><br/> </p><p>Je n’ai pas encore vu M. Cataneo[^1], citoyen ministre ; lorsque je le verrai, il sera content de moi ; je n’oublierai rien de tout ce qui peut l’endormir et donner au Sénat un peu plus de confiance.</p><p>Le temps de Gênes n’est pas encore venu, pour deux raisons :</p><p>1<sup>o</sup> Parce que les Autrichiens se renforcent, et que bientôt j’aurai une bataille ; vainqueur, j’aurai Mantoue, et alors une simple estafette à Gênes vaudra la présence d’une armée ;</p><p>2<sup>o</sup> Les idées du Directoire exécutif sur Gênes ne me paraissent pas encore fixées.</p><p>Il m’a bien ordonné d’exiger la contribution, mais il ne m’a prescrit aucune opération politique. Je lui ai expédié un courrier extraordinaire avec votre lettre, et je lui ai demandé des ordres, que j’aurai à la première décade du mois prochain. D’ici à ce temps-là, oubliez tous les sujets de plainte que nous avons contre Gênes. Faites-leur entendre que vous et moi nous en mêlons plus, puisqu’ils ont envoyé M. Spinola[^2] à Paris. Faites-leur entendre que nous sommes très contents du choix, et que cela nous est garant de leurs bonnes intentions. Dites-leur positivement que j’ai été très satisfait des mesures qu’ils ont prises relativement à M. Girola[^3] ; enfin, n’oubliez aucune circonstance pour faire renaître l’espérance dans le cœur du Sénat de Gênes, et l’endormir jusqu’au moment du réveil.</p><p>J’ai reçu toutes vos notes. Votre correspondance me devient extrêmement intéressante.</p><p>Vous trouverez ci-joint une lettre que m’écrit M. Vincent Spinola[^4]. Il me semble qu’il y a un territoire qui se trouve en discussion entre Gênes et le Piémont. Donnez-moi là-dessus des explications. Faites-moi savoir quel intérêt ils y mettent, et, sur la demande du Sénat, dites-leur qu’il serait possible qu’on les mît de suite en possession ; enfin, citoyen ministre, faites en sorte que nous gagnions quinze jours, et que l’espoir renaisse ainsi que la confiance entre vous et le gouvernement génois, afin que, si nous étions battus, nous le trouvions ami.</p><p>Faites passer promptement à Tortone tout ce qui se trouve chez M. Balbi[^5]. L’intention du Directoire est de réunir tout à Paris pour faire une grande opération de finance. J’y ferai passer trente millions.[^6]</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Bonaparte</h3><p><br/> </p> [^1]: Membre du Sénat de Gênes. [^2]: François-Marie Spinola, patricien génois opposé à la rénovation de la République telle que la veut Bonaparte. [^3]: Ministre d’Autriche à Gênes, expulsé par les autorités de la République. [^4]: Commandant la place de San Remo. [^5]: Banquier génois qui travaille pour l’armée d’Italie. [^6]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 753, d’après la collection Napoléon.</body> |