CG8-19223.md

identifiantCG8-19223.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1808/11/09 00:00
titreNapoléon au maréchal Bessières, commandant le 2e corps de l’armée d’Espagne
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG8</i> - 19223. - </b>Au maréchal Bessières, commandant le 2<sup>e</sup> corps de l’armée d’Espagne</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Vitoria, 9 novembre 1808, 9 h. du matin</h2><p>J’ai vu avec peine qu’au lieu d’ambitionner la gloire d’entrer à Burgos, vous préfériez la céder à un autre<sup>[^1]</sup>. Votre résultat du 8 n’a pas rempli mon attente. Vous ne me donnez aucun renseignement ; et comment pourriez-vous m’en donner ? Vous étiez à dix lieues de votre avant-garde ; le général Lasalle, qui la commande, était à cinq lieues de Burgos, de sorte que tout finissait par un colonel qui ne sait pas ce que l’on veut faire. Est-ce ainsi, monsieur le maréchal, que vous m’avez vu faire la guerre ? Si vous aviez été à trois heures du matin aux avant-postes de Gramonal avec votre infanterie en échelons pour tenter une affaire d’avant-garde, votre cavalerie pour pousser des reconnaissances dans toute la plaine, vous auriez su positivement ce qu’il y avait à Burgos, et vous auriez rempli mon but. Tout me porte à penser qu’il n’y a dans Burgos que 8 à 10 000 coquins de l’armée de Castille<sup>[^2]</sup>, qui ne sont pas dignes d’être nommés et qui osent faire des sorties de 3 à 4 000 hommes dans la plaine devant mes troupes. Il faut plus d’activité et de vigueur que cela. Est-il possible qu’avec 5 000 hommes de cavalerie vous n’ayez pas pu inonder la plaine de Burgos de tous côtés, et savoir ce qu’il y a ?</p><p>Vous restez avec le maréchal Soult pour commander la cavalerie. J’ai besoin de renseignements précis pour régler mon mouvement et former mon plan. Si vous commandez ma cavalerie et que vous suiviez la même méthode, je ne saurai jamais rien. Avec une pareille manière de se conduire, il est impossible que les troupes gardent du moral. Quant au général Lasalle, il est inconcevable qu’il ne couche pas à ses avant-postes ? Comment les deux bataillons de Zalduendo<sup>[^3]</sup> ne devaient-ils pas être enlevés ?<sup>[^4]</sup></p> [^1]: <span></span> Le reproche ne paraît pas justifié : dans ses <i>Mémoires</i>, Soult précise qu’il a reçu l’ordre de Napoléon en personne (à Vitoria, le 7 novembre à 14 heures) de relever « immédiatement » Bessières au 2<sup>e</sup> corps. Relève qui sera exécuté, toujours d’après lui, le 8 à 4 heures du matin, à Briviesca. Il se peut toutefois que Soult et, à la suite, quelques historiens se soient trompés d’une journée dans leurs dates. À l’issue de la passation de commandement, Bessières s’est mis aux ordres de son successeur pour commander la cavalerie. [^2]: <span></span> Le 7 novembre, les quelques détachements de cette armée avaient été rejoints par la tête de colonne de l’armée d’Estrémadure (8 000 hommes) venant de Madrid et commandée par le comte de Belveder. Le 10 novembre, l’armée espagnole sera écrasée à Gamonal par le 2<sup>e</sup> corps de Soult et Burgos prise et mise au pillage. [^3]: Localité située à l’est de Burgos. [^4]: Minute, Archives nationales, AF IV 878, novembre 1808, n° 50.</body>