| identifiant | CG8-19217.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1808/11/08 00:00 |
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| titre | Napoléon au maréchal Berthier, major général de l’Armée d’Espagne |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG8</i> - 19217. - </b>Au maréchal Berthier, major général de l’Armée d’Espagne</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Vitoria, 8 novembre 1808</h2><p>Écrivez
au maréchal Victor la lettre suivante<sup>[^1]</sup>
:</p><p>«
L’Empereur suppose qu’hier 7, le maréchal Lefebvre, à quatre
heures après midi, a dû occuper Gueñes<sup>[^2]</sup>,
marchant sur Valmaseda<sup>[^3]</sup>.
Par ce moyen, vos reconnaissances le rencontreront probablement dans
la journée du 8. Vous pourrez concerter vos opérations.</p><p>Le
général Merlin<sup>[^4]</sup>,
qui est parti hier 7, à midi, de chez le maréchal Lefebvre, y
retourne et y sera le 8, à deux heures après midi.</p><p>Aussitôt
qu’on aura occupé Valmaseda et Nava, et que les forces de l’ennemi
ne seront plus de ce côté, il est à désirer que vous reveniez,
soit sur Miranda, soit sur Villarcayo.</p><p>Vous
pourrez correspondre fréquemment par Amurrio<sup>[^5]</sup>
et recevoir des ordres. Douze heures de retard, qui sont douze heures
de repos pour la troupe, vous donnent plus de sûreté d’aller
juste où veut l’Empereur.</p><p>Si
vous rencontrez l’ennemi, de concert avec le maréchal Lefebvre,
frappez-le ferme. Faites désarmer les villages et casser les armes
partout où vous passerez. »<sup>[^6]</sup></p><p><br/>
</p>
[^1]: <span></span> Le 6 novembre (minuit) Berthier avait écrit une première lettre à Victor, toujours d’après les ordres de Napoléon : " J’ai mis sous les yeux de l’Empereur votre lettre du 6, que votre aide de camp a dit avoir été écrite à midi. Sa Majesté, Monsieur le Maréchal, a été très mécontente de ce que, au lieu d’avoir soutenu le général Villatte, vous l’ayez laissé aux prises avec l’ennemi, faute d’autant plus grave que vous saviez que le maréchal Lefebvre avait commis celle de laisser exposée une division de votre corps d’armée en reployant ses deux autres divisions sur Bilbao. Vous saviez, Monsieur le Maréchal, que cette division était exposée à Valmaseda, puisque le général La Bruyère [1<sup><font size="2" style="font-size: 10pt">re</font></sup><font size="2" style="font-size: 10pt">
brigade, 1</font><sup><font size="2" style="font-size: 10pt">re</font></sup><font size="2" style="font-size: 10pt">
division Ruffin] avait communiqué avec elle le 5 au matin. Comment,
au lieu de vous porter en personne, à la tête de vos troupes,
secourir une de vos divisions, avez-vous laissé cette opération
importante à un général de brigade, qui n’avait pas votre
confiance et qui n’avait avec lui que le tiers de vos forces ?
Comment, après que vous avez eu la nouvelle que pendant la journée
du 5 la division Villatte se fusillait, avez-vous pu, au lieu de
marcher à son secours, supposer gratuitement que ce général était
victorieux ? Sa Majesté demande depuis quand la fusillade et
l’attaque sont une preuve de la retraite de l’ennemi. Cependant,
Monsieur le Duc, les instructions de M. le maréchal Jourdan étaient
précises, de ne vous porter sur Miranda que quand vous seriez
assuré que l’ennemi était en retraite ; au lieu de cela,
Monsieur le Maréchal, vous êtes parti lorsque vous aviez la preuve
certaine que l’ennemi se battait. Vous savez que le premier
principe de la guerre veut que dans le doute du succès on se porte
au secours d’un de ses corps attaqués, puisque de là peut
dépendre son salut. Dans l’autre supposition, votre mouvement ne
pouvait avoir d’inconvénient, puisque votre instruction de vous
porter sur Miranda n’était qu’hypothétique, et qu’ainsi sa
non-exécution ne pouvait influer sur aucun projet du général en
chef. Voici ce qui est arrivé, Monsieur le Maréchal : la colonne
devant laquelle le général La Bruyère s’est ployé a trouvé le
général Villatte, qui, attaqué de front et en queue, n’a dû
son salut qu’à son intrépidité et après avoir fait un grand
carnage de l’ennemi ; de son côté, il a peu perdu, et s’est
retiré sur Bilbao, deux lieues en avant de cette ville, le 5 au
soir.</font><p><font size="2" style="font-size: 10pt">La
volonté de l’Empereur, Monsieur le Maréchal, est que vous
partiez sans délai pour vous porter sur Orduña, que vous marchiez
à la tête de vos troupes, que vous teniez votre corps d’armée
réuni et que vous manœuvriez pour vous mettre en communication
avec la gauche du maréchal Lefebvre, qui doit être à Bilbao.
N’ayant aucune connaissance ici de ce que l’ennemi peut avoir
fait dans la journée du 6, ni de ce qu’il fera dans la journée
du 7, vous devez vous conduire selon les circonstances. Dans tous
les événements, les débouchés d’Orduña, d’Amurrio et
d’Areta assureront vos communications avec Vitoria. Je donne ordre
au général Lapisse de se porter sur les hauteurs d’Orduña pour
assurer votre mouvement. Vous pourrez le réunir à votre corps
d’armée, aussitôt qu’il sera remplacé sur les hauteurs
d’Orduña par les troupes du maréchal Bessières. Si cependant
vous acquériez la certitude que l’ennemi ait évacué Valmaseda
et Nava, et se fût, comme cela est possible, mis en retraite, vous
pouvez arrêter votre mouvement, toutefois après vous être mis en
communication, par vos coureurs, avec le maréchal Lefebvre, et
avoir concerté ensemble vos mouvements.</font></p><p style="text-align: right">
<font size="2" style="font-size: 10pt">Le prince Alexandre, major
général.</font></p>
[^2]: À une vingtaine de kilomètres au sud-ouest de Bilbao.
[^3]: <span></span> Lieu de la bataille du 5 novembre, où le général espagnol Blake avait tendu une embuscade à la 3<sup>e</sup> division Villatte, isolée du reste du 1<sup>er</sup> corps de Victor.
[^4]: Le général de division Christophe Antoine Merlin, passé au service de Joseph et son aide de camp. Il est employé par Bessières puis Soult jusqu’au 15 novembre.
[^5]: Localité située à une trentaine de kilomètres au sud de Bilbao.
[^6]: Minute, Archives nationales, AF IV 878, novembre 1808, n° 46. [C 14455]</body> |
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