| identifiant | CG1-0760.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1796/07/06 00:00 |
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| titre | Napoléon au Directoire exécutif |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 760. - </b>Au Directoire exécutif</h1><p><br/>
</p><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Quartier général, Roverbello, 18 messidor an IV
[6 juillet 1796]</h2><p><br/>
</p><p>Après le combat de Borghetto, citoyens directeurs, les ennemis se
sont retirés sur les hautes montagnes pour nous défendre les issues
du Tyrol ; ils ont tiré des lignes, qu’ils ont fortifiées
avec beaucoup de soin, entre la tête du lac de Garde et l’Adige.
Masséna ordonna au général Joubert d’attaquer les ennemis par la
Bocchetta di Campione[^1].
Le chef de bataillon Marchand se mit en marche, tourna l’ennemi par
la droite ; ce fut le signal de l’attaque. Les armes sur le
bras, et sans tirer un seul coup, nos soldats gravirent les rochers
escarpés, tuèrent 100 hommes, prirent 200 prisonniers, avec 400
tentes et tous les bagages.</p><p>Pendant ce temps-là, le chef de bataillon Recco[^2],
officier de la plus grande bravoure, tourna l’ennemi par la gauche,
s’empara de l’excellente position de Belluno, tua 300 hommes et
fit 70 prisonniers. Nous n’avons perdu dans cette affaire que 6
hommes et 8 à 9 blessés.</p><p>L’ennemi a abandonné des retranchements que nous n’aurions
pas construits en six mois ; tout a été culbuté, et un mois
de fatigues, de peine est perdu dans un instant.</p><p>Voilà le premier combat qui a eu lieu entre les deux armées
depuis les renforts considérables qui sont arrivés et qui arrivent
aux Autrichiens, et depuis que le nouveau général les commande.[^3]
</p><p>Nous avons, sur le lac de Garde, trois demi-galères armées de
pièces de 12. Sous peu de jours, j’espère avoir quatre tartanes
armées de pièces de 18. Avec cette escadre, composée de sept
bâtiments, commandée par le capitaine de frégate Allemand[^4],
j’irai attaquer l’escadre autrichienne qui tient le lac.</p><p>Voici les traits de bravoure qui ont honoré les républicains
dans cette affaire.</p><p>Claude Roche, carabinier à la 2<sup>e</sup> compagnie de la 11<sup>e</sup>
demi-brigade d’infanterie légère, sauta le premier dans les
retranchements ennemis, tua l’officier, et, sans s’arrêter à sa
montre qui paraissait, ni à ses dépouilles, il se saisit de son
sabre nu, en tua un Autrichien, et en fit trois prisonniers.</p><p>Jean Gérin, de la même compagnie, tombe sur douze Autrichiens,
les met en joue ; son fusil manque ; il se jette sur eux,
le sabre à la main, coupe le bras au premier, les autres tombent à
ses genoux et se rendent.</p><p>Ardionne, sous-lieutenant de la même compagnie, le même qui,
avec une vingtaine d’hommes, s’empara de la pièce de 13, à
Borghetto, s’est toujours présenté dans les retranchements à la
tête des carabiniers, à qui son exemple fait affronter tous les
dangers.[^5]</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Bonaparte</h3>
[^1]: Aujourd’hui Campione del Garda.
[^2]: Etienne-Antoine Recco (1751-1811), chef de bataillon puis de brigade
à l’armée d’Italie.
[^3]: Wurmser.
[^4]: Joseph Allemand,(1766-1849), ancien volontaire de la marine royale,
capitaine de frégate (mars 1796), il commande une flottille sur le
lac de Garde, participe à la réorganisation de la flotte
vénitienne avant de prendre le commandement du Laharpe, vaisseau de
74 canons.
[^5]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée
par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 724, d’après la
collection Napoléon.</body> |
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