CG8-18746.md

identifiantCG8-18746.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1808/08/23 00:00
titreNapoléon au maréchal Davout, gouverneur général du grand-duché de Varsovie
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG8</i> - 18746. - </b>Au maréchal Davout, gouverneur général du grand-duché de Varsovie</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Saint-Cloud, 23 août 1808</h2><p>Mon cousin, les Anglais ayant débarqué des forces assez considérables en Espagne, j’ai rappelé le 1<sup>er</sup> et le 6<sup>e</sup> corps et trois divisions de dragons de la Grande Armée pour finir, cet hiver, de soumettre ce pays<sup>[^1]</sup>. Dupont a déshonoré nos armes ; il a montré autant d’ineptie que de pusillanimité. Quand vous apprendrez cela un jour, les cheveux vous dresseront sur la tête. J’en ferai bonne justice, et, s’ils ont taché notre habit, il faudra qu’ils le lavent.</p><p>Je vous ai donné le commandement de la Pologne et de la Silésie ; vous y avez le 3<sup>e</sup> corps, la division Oudinot, une division de dragons et la division de cuirassiers qui est à Bayreuth. Un régiment de marche de 3 000 hommes, formé de détachements de vos quinze corps, va partir pour vous rejoindre ; un autre régiment de marche, fort de 4 000 hommes, également tiré des dépôts de vos corps, va se mettre en mouvement pour porter votre corps d’armée à 39 000 hommes d’infanterie, et la division du général Oudinot à 11 000 hommes ; ce qui vous formera un effectif de 50 000 hommes, et 20 000 Polonais ou Saxons, qui pourraient y être joints, vous feraient un effectif de 70 000 hommes d’infanterie. Des détachements de cavalerie partent également pour renforcer tous vos corps, de manière à ce que vous ayez 13 000 chevaux ; ce qui, avec 4 ou 5 000 Saxons ou Polonais, vous ferait 18 000 chevaux, et, avec 12 000 hommes d’artillerie français et étrangers, vous auriez à vous seul une armée de près de 100 000 hommes. Les Saxons et les Polonais valent bien les Autrichiens. Le maréchal Mortier, avec le 5<sup>e</sup> corps, se rend à Bayreuth. Je voudrais bien le faire venir en France, mais je ne me décide pas encore ; si des événements imprévus arrivaient, vous pourriez vous en servir. L’Autriche arme, mais elle arme par peur ; nos relations sont au mieux avec cette puissance ; mais enfin elle arme, et j’ai commencé par lui demander des explications assez vives. Je suis sûr de la Russie, ce qui m’empêche de rien craindre de l’Autriche. Cependant il faut se tenir en règle et avoir les yeux ouverts. Mon intention est d’évacuer la Prusse et d’exécuter le traité de Tilsit. Je crois que la convention<sup>[^2]</sup> en sera signée demain ou après ; et, avant le mois d’octobre, je vais rapprocher mes troupes du Rhin. Je garderai Stettin, Küstrin et Glogau, jusqu’à ce que tout soit entièrement liquidé. </p><p>Des régiments de marche se mettent aussi en mouvement pour renforcer le corps du maréchal Soult. Toutes les troupes de la Confédération sont sous les armes, et, au moindre signal de préparatifs menaçants que ferait l’Autriche, elles seraient en marche. Soyez rassurant dans votre langage, car je ne veux rien de l’Autriche.<sup>[^3]</sup></p><p style="text-align: right; margin-top: 0.64cm; margin-bottom: 0.21cm; line-height: 100%; page-break-after: avoid"> <i>Napoléon</i></p> [^1]: Voir plus haut [^2]: <span></span> Le traité est du 8 septembre 1808. Voir Michel Kerautret, <i>Les grands traités de l’Empire (1804-1810)</i>, t. 2, p. 417. [^3]: <span></span> Expédition, collection privée. Note sur la minute (Archives nationales, AF IV 877, août 1808, n° 59) : « envoyé sous le couvert de M. Daru, par M. Montesquiou ». Extrait, [catalogue de vente], Sotheby’s, <i>Empire</i>, Paris, 2 décembre 2003, p. 169, n° 287. [C 14269]</body>