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CG8-18691.md| identifiant | CG8-18691.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1808/08/06 00:00 |
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| titre | Napoléon au général Caulaincourt, ambassadeur à Saint-Pétersbourg |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG8</i> - 18691. - </b>Au général Caulaincourt, ambassadeur à Saint-Pétersbourg</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Rochefort, 6 août 1808</h2><p>Monsieur
le général Caulaincourt, je vous ai écrit hier. Je retarde mon
départ de Rochefort de deux heures, pour répondre à vos lettres
des 16 et 17 juillet de Saint-Pétersbourg que je reçois à
l’instant. L’Autriche arme et devient insolente. Ces armements et
cette insolence ne sont que ridicules, dès qu’elle n’a rien de
lié avec la Russie. Les Anglais débarquent beaucoup de monde sur
les côtes d’Espagne. Cela peut avoir quelque inconvénient
momentané pour moi, vu que cela excite merveilleusement les
insurrections d’Espagne et du Portugal ; mais j’ai au moins
la consolation que ces événements ont servi de diversion à
l’empereur et l’ont entièrement dégagé de ses ennemis. Je pars
pour parcourir la Vendée. Je serai à Paris le 15 août. J’attendrai
là ce que vous m’écrirez pour le rendez-vous.</p><p>Voilà
un an que mon alliance avec l’empereur dure ; ainsi, elle doit
donner de la confiance de part et d’autre. Je ne suis point éloigné
de laisser la frontière de la Vistule occupée par les Polonais et
les Saxons et d’en retirer mes troupes. Par ce moyen, il y aura
entre une sentinelle russe et une sentinelle française toute la
distance du pays entre l’Elbe et le Niémen.</p><p>Si
vous recevez les journaux anglais, vous y verrez que les cinq
sixièmes des nouvelles qu’ils contiennent sont fausses et
controuvées. Je vous ai instruit de ce qu’il y a de vrai. Des
expéditions anglaises et des insurrections menacent Lisbonne. La
meilleure intelligence règne entre l’amiral russe<sup>[^1]</sup>
et le général Junot ; je ne sais pas ce qui en arrivera. Je
fais cependant avancer mes troupes en toute diligence. Une partie de
l’armée espagnole ayant pris parti pour les Anglais<sup>[^2]</sup>,
les affaires ne laissent pas d’être assez sérieuses.</p><p>Vous
ne manquerez pas de vous souvenir que l’armée du général Dupont
était composée de recrues<sup>[^3]</sup>,
et que cette affaire, quoique excessivement mal manœuvrée, ne
serait pas arrivée à de vieilles troupes, qui auraient trouvé dans
leur moral même de quoi suppléer aux fautes du général.<sup>[^4]</sup></p><p style="text-align: right; margin-top: 0.64cm; margin-bottom: 0.21cm; line-height: 100%; page-break-after: avoid">
<i>Napole</i></p>
[^1]: Siniavine est hostile aux Français et ne tardera pas à livrer son escadre aux Anglais.
[^2]: Notamment le corps Taranco.
[^3]: Dans une lettre précédente, Napoléon cite ses « 20 000 hommes d’élite et choisis… » Voir CG8-18685.
[^4]: Expédition, Archives nationales, fonds Caulaincourt, 95 AP 8.</body> |
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