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CG8-18688.md| identifiant | CG8-18688.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1808/08/05 00:00 |
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| titre | Napoléon au général Caulaincourt, ambassadeur à Saint-Pétersbourg |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG8</i> - 18688. - </b>Au général Caulaincourt, ambassadeur à Saint-Pétersbourg</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Rochefort, 5 août 1808</h2><p>Ayant
toujours été en route, cette lettre n’est pas partie ; Je
m’empresse de la faire partir, avec les changements survenus depuis
ce temps. J’ai reçu hier un courrier qui m’a annoncé l’horrible
catastrophe arrivée au général Dupont. Ce général, au fond de
l’Andalousie, s’est laissé couper sa retraite, s’est laissé
envelopper, isoler de deux de ses divisions<sup>[^1]</sup>,
et, après une affaire mal concertée et mal donnée, il s’est
rendu par capitulation. 8 ou 9 000 Français ont été obligés
de mettre bas les armes, ainsi que 2 ou 3 régiments suisses qui
étaient au service d’Espagne<sup>[^2]</sup>
et qui avaient pris parti pour nous. C’est un des actes les plus
extraordinaires d’ineptie et de bêtise. Dans la position actuelle
des choses, cet événement est d’un effet immense en Espagne. Les
esprits s’échauffent. Mon armée va être obligée d’évacuer
Madrid pour se concentrer. Au même moment, 40 000 Anglais
débarquent sur différents points. Je vous donne cette nouvelle pour
votre gouverne. Je pense que vous devrez attendre l’arrivée d’un
prochain courrier qui vous sera expédié, pour avoir le prétexte de
la dire, en parlant des autres nouvelles, et disant que votre
courrier était ancien.</p><p>Après
la tournure très grave que prennent les affaires d’Espagne, il est
possible que, cet hiver, je laisserai 150 000 Français,
indépendamment de 100 000 alliés, sur la rive gauche de
l’Elbe. Je fais rentrer 80 000 hommes. C’est dans cette
position que je passerai l’hiver. Dantzig sera gardé par les
Saxons et les Polonais ; je laisserai la Pologne à ses propres
troupes, pour ne pas menacer la Russie ni l’Autriche. Tout cela
n’est aussi que pour votre gouverne. Tout porte à penser que les
mouvements de l’Autriche sont des mouvements de peur. Je laisse des
troupes suffisantes pour la contenir. Mais, si elle se laissait
entraîner par l’Angleterre, elle se trouverait loin de son jeu.
Dans ces circonstances, je verrais avec plaisir que l’empereur dit
un mot et fit connaître son mécontentement des armements de
l’Autriche.</p><p>Voilà
le roi de Suède<sup>[^3]</sup>
entièrement abandonné des Anglais. Tenez-moi au fait de ce que tout
cela doit devenir. La chose est […]<sup>[^4]</sup>.</p><p style="text-align: right; margin-top: 0.64cm; margin-bottom: 0.21cm; line-height: 100%; page-break-after: avoid">
Napoléon</p><p>Je
suis fort content de l’esprit des Français dans les provinces.
Demain, je traverse la Vendée.<sup>[^5]</sup></p>
[^1]: Gobert (remplacé par François Bertrand Dufour le 16 juillet) et Vedel.
[^2]: De Preux et Reding n° 2 (Reding-Jeune).
[^3]: Gustave IV Adolphe.
[^4]: <span></span> Léon Lecestre (<i>Lettres inédites de Napoléon (1799-1815)</i>, Plon, 1897, t. I, p. 227-228, n° 334) publie : « La chose est obscure ».
[^5]: Copie d’expédition, Archives nationales, fonds Caulaincourt, 95 AP 8.</body> |
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