| identifiant | CG8-18687.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1808/08/03 00:00 |
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| titre | Napoléon au général Savary, aide de camp de l’Empereur, commandant provisoire de l’armée d’Espagne |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG8</i> - 18687. - </b>Au général Savary, aide de camp de l’Empereur, commandant provisoire de l’armée d’Espagne</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Bordeaux, 3 août 1808</h2><p>Les
événements du général Dupont sont une chose sans exemple ;
elle dépasse le ridicule, et la lettre de la rédaction de l’acte
est de niveau avec la conduite.</p><p>On
n’a pas permis sans doute que les détachements qui étaient devant
vous aient marché pour se rendre aux Anglais. Vous ne dites pas un
mot de cela, car, du moins, où prend-on de laisser en aller à
Madrid les garnisons qui formaient les échelons ?</p><p>Après
avoir lu avec attention la relation du général Dupont, on voit
qu’il ne capitula que le lendemain de la bataille et que le général
Gobert, et Vedel, ne sont pas battus<sup>[^1]</sup>.</p><p>Et
tout laisse à penser que l’armée du général Castaños n’était
pas aussi forte qu’on le dit, s’il avait réuni à la position de
Baylen tout ce qu’il y avait, nous ne lui calculons pas ici plus de
25000 hommes de troupes de ligne et 15 000 paysans.</p><p>Il
n’y a rien à dire sur la mesure prise par le Roi d’évacuer
Madrid<sup>[^2]</sup>.
Peut-être aurait-il été possible de réunir à Madrid la moitié
du corps du maréchal Bessières, ce qui arrive, quelque chose de
Saragosse, et avoir 36 000 hommes à Madrid. Mais enfin le parti
qu’on a pris est plus approprié à ce qui se passe et à la
composition de l’armée.</p><p>Il a
paru dans la lettre du général Belliard qu’il faisait lever trop
tôt le siège de Saragosse<sup>[^3]</sup>
et on comprend qu’il n’est pas possible qu’on ne laisse un
corps dormir qui couvre Pampelune et contienne la Navarre.</p><p>Sans
quoi l’ennemi cernera Pampelune et insurgera la Navarre et alors la
communication par Tolosa sera coupée, et l’ennemi se trouvera sur
les derrières de l’armée. Beaucoup de troupes devront être
disséminées pour couvrir la route, il faut donc, même pour
l’intérêt de l’armée, conserver la Navarre.</p><p>Supposons
l’ennemi réuni à Pampelune, bloquant la ville, vous voyez
facilement qu’il sera à six marches sur les derrières de Burgos.</p><p>L’armée
qui assiège Saragosse est donc à peu près nécessaire pour
contenir les insurgés de la Navarre, de l’Aragon, de Valence, pour
les empêcher de percer sur votre flanc gauche<sup>[^4]</sup>.</p><p>Enfin,
tandis que le général Belliard mande qu’on lève le siège de
Saragosse, et du coup de venir par Tudela, sur Aranda, en jetant
2 000 hommes sur Pampelune : si cette opération se fait ainsi,
la communication de Burgos à Bayonne sera sur-le-champ interceptée.</p><p>Si
le général Castaños s’avance et que vous puissiez lui livrer
bataille, on ne peut prévoir que les plus heureux résultats.</p><p>Mais
de la manière dont il a marché, tout prouve qu’il mettra la plus
grande circonspection. Si, par le canal des parlementaires l’on
peut établir une suspension d’armes, sans que le Roi y soit pour
rien en apparence, ledit armistice, que chacun pourra rompre en
prévenant huit jours d’avance, pourra donner aux Français la
ligne de la Duero, passant ensuite par Almanza et joignant là
l’Èbre. Il semble que cette suspension d’armes serait
avantageuse aux insurgés qui s’organisent à Madrid ; elle ne
nous serait pas désavantageuse, parce qu’on verra pendant ce temps
ce qu’ils veulent et comment le gouvernement s’organise.</p><p>Comme
il est possible que les lettres soient interceptées, il faut
convenir que tous les nombres de troupes seront doublés, nous
mettrons sous le nombre un petit point : ainsi pour 10 000, on
mettra 20 000.<sup>[^5]</sup></p>
[^1]: Tout ceci est inexact : Dupont a capitulé le 22 juillet, soit trois jours après la bataille – Gobert a été mortellement blessé en combattant et Vedel avait lui-même fait prisonnier des unités de Theodor Reding avant qu’il reçoive l’ordre de Dupont de cesser le combat.
[^2]: Suite à l’affaire de Baylen, la panique s’était emparée des esprits et Joseph avait fait évacuer Madrid le 30 juillet, 10 jours après son entrée dans la capitale.
[^3]: Le siège sera levé le 14 août.
[^4]: <span></span> Ernest Picard et Louis Tuetey (<i>Correspondance inédite de
Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> conservée aux Archives de la
guerre</i>, Charles Lavauzelle, Paris, 1912, t. 2, p. 373, n° 2156) note : « Sur une expédition de cette même lettre à Savary, l’Empereur a ajouté ici, de sa main, la phrase suivante « On peut seulement renforcer le corps du roi des 14<sup>e</sup> et 44<sup>e</sup> et de 8 à 10 pièces d’artillerie ». »
[^5]: <span></span><span lang="en-GB">
Minute, </span><span lang="en-GB">S.H.D., GR, 17 C</span><span lang="en-GB">
79. </span>Cette minute est de la main de Berthier</body> |
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