CG8-18659.md

identifiantCG8-18659.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1808/07/25 00:00
titreNapoléon à Jérôme, roi de Westphalie
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG8</i> - 18659. - </b>À Jérôme, roi de Westphalie</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Toulouse, 25 juillet 1808 </h2><p>Monsieur mon frère, l’Autriche arme ; elle nie ses armements ; elle arme donc contre nous. Elle fait répandre le bruit que je lui demande des provinces : elle veut donc couvrir du voile d’une défense légitime une mesure aussi gratuitement offensive qu’insensée. Nos relations avec l’Autriche, depuis la paix de Presbourg, ont été constamment amicales ; un traité les a cimentées. Les notes, les communications importantes qui ont eu lieu depuis cette époque entre les deux gouvernements étaient le gage d’une parfaite harmonie. La Russie n’est pas moins que nous étonnée de ces armements de l’Autriche.</p><p>Sans doute il ne devrait pas être vraisemblable que l’Autriche voulût attaquer la France et la Confédération du Rhin. Mais n’avons-nous pas vu, il y a deux ans, la Prusse, par une démarche plus insensée encore, provoquer sa ruine entière ? Dans un gouvernement faible, le parti qui veut la guerre fait faire des armements sous un prétexte quelconque, et le prince trompé se trouve engagé dans la guerre sans l’avoir voulu.</p><p>Les hommes raisonnables verront avec pitié les armements de l’Autriche. Mais, s’ils étaient tolérés, ils ne seraient pas sans inconvénients ; ils lui donneraient en Allemagne une force d’opinion qu’elle ne doit point avoir. Elle-même acquerrait une idée exagérée de sa propre puissance, et, se croyant forte parce qu’on aurait souffert ses préparatifs, elle se déciderait bientôt à la guerre, que d’abord elle ne voulait pas.</p><p>Puisque l’Autriche arme, il faut donc armer. Aussi j’ordonne que la Grande Armée soit renforcée. Mes troupes se réunissent à Strasbourg, Mayence, Wesel. J’engage Votre Majesté à tenir son contingent prêt<sup>[^1]</sup>. S’il est un moyen d’éviter la guerre, c’est de montrer à l’Autriche que nous ramassons le gant et que nous sommes prêts.</p><p>Je répète à Votre Majesté qu’il n’y a, entre l’Autriche et moi, aucun sujet de différend, que je ne lui demande rien, et que je n’arme que parce que je la vois armer.<sup>[^2]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Napoléon</i></h3> [^1]: <span></span> Une lettre <i>mutatis mutandis</i> a été envoyée à Frédéric I<sup>er</sup>, roi de Wurtemberg (expédition, Abteilung Hauptstaasarchiv des Landesarchivs Baden-Württemberg (Stuttgart), G 243, d. 60) : « J’engage votre majesté à faire camper dix milles hommes de ses troupes. Ces camps seraient annoncés comme n’ayant d’autre objet que d’exercer les troupes et de les faire manoeuvrer. » ; à Maximilien I<sup>er</sup> Joseph, roi de Bavière (minute, Archives du ministère des Affaires étrangères, C.P., Autriche, vol. 381, fol. 366, de la main de Champagny) avec des disposition particulière pour ce royaume notées directement par Napoléon : « J’engage votre majesté à réunir trente mille hommes de ses troupes en trois divisions, l’une sur le Danube près de l’Isar, l’autre sur Nuremberg, la troisième sur Augsbourg. Ces camps seraient annoncés comme n’ayant d’autre objet que d’exercer les troupes et de les faire manoeuvrer. <i>Je prie</i> votre majesté de mettre en état de défense le château de Passau et la place de Kufstein ; que ces forteresses soient approvisionnées et munies d’une garnison suffisante pour les mettre à l’abri d’une première attaque. Cependant <i>son</i> ministre à Vienne <i>doit</i> tenir un langage pacifique, et si on lui parle des armements de votre majesté, qu’il ne les nie pas, qu’il dise : « Nous armons, ainsi que la France, <i>parce que</i> vous armez. Nous armons pour notre défense.<i> Remettez-vous dans la position où vous étiez il y a six mois, et les camps que nous formons seront dissous</i>. » ; au roi de Saxe : « J’engage votre majesté à camper deux divisions de vos troupes l’une à Lusace, l’autre sur l’Elbe et on ne parlera pas des forteresses ». Une lettre très différente a été envoyée à Charles Dalberg, voir plus haut. [^2]: Expédition, Archives nationales, 400 AP 95. En place de la minute les Archives nationales conservent une note : « Circulaire écrite aux membres de la Confédération le 25 juillet (date présumée) a été dictée à M. Champagny et gardée par lui. » [C 14230]</body>