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CG8-18500.md| identifiant | CG8-18500.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1808/07/08 00:00 |
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| titre | Napoléon à Alexandre Ier, Empereur de Russie |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG8</i> - 18500. - </b>À Alexandre I<sup>er</sup>, Empereur de Russie</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Bayonne, 8 juillet 1808
</h2><p>Monsieur
mon frère, j’envoie à Votre Majesté la constitution que la junte
espagnole vient d’arrêter<sup>[^1]</sup>.
Les désordres de ce pays étaient arrivés à un degré difficile à
concevoir. Obligé de me mêler de ses affaires, j’ai été, par la
pente irrésistible des événements, conduit à un système qui, en
assurant le bonheur de l’Espagne, assure la tranquillité de mes
états. Dans cette nouvelle situation, l’Espagne sera en réalité
plus indépendante de moi qu’elle ne l’a jamais été ; mais
j’aurai l’avantage que, se trouvant dans une position naturelle
et n’ayant aucun sujet de méfiance du côté de terre, elle
emploiera tous ses moyens au rétablissement de sa marine. J’ai
lieu d’être très satisfait de toutes les personnes de rang, de
fortune ou d’éducation. Les moines seuls, qui occupent la moitié
du territoire, prévoyant dans le nouvel ordre de choses la
destruction des abus, et les nombreux agents de l’Inquisition, qui
entrevoient la fin de leur existence, agitent le pays. Je sens bien
que cet événement ouvrira un des plus vastes champs pour disserter.
On ne voudra pas apprécier les circonstances et les événements ;
on voudra que tout ait été suscité et prémédité. Cependant, si
je n’eusse considéré que l’intérêt de la France, j’aurais
eu un moyen plus simple, qui eût été d’étendre mes frontières
de ce côté et d’amoindrir l’Espagne ; car qui ne sait que
les liens de parenté entrent pour peu de chose dans les calculs de
la politique et deviennent nuls au bout de vingt ans ? Philippe V a
fait la guerre à son grand-père. Une province, comme la Catalogne
ou la Navarre, ajoutée à la France, eût été plus pour sa
puissance que le changement qui vient d’avoir lieu, qui en réalité
n’est utile qu’à l’Espagne<sup>[^2]</sup>.</p><p>Je
n’ai rien de commun avec l’Angleterre. Je n’ai rien de commun
avec l’Autriche. Les Anglais escortent de prétendus bâtiments
américains jusqu’à Trieste. D’un autre côté, l’Autriche
arme de toutes ses forces, et paraît concentrer ses troupes sur les
confins de la Servie et en Hongrie ; on m’assure qu’elle a
évacué presque toute la Galicie<sup>[^3]</sup>.
Ces armements lui sont funestes, puisqu’ils ruinent ses finances ;
mais ils entretiennent merveilleusement sur l’avenir un nuage qui
plaît à l’Angleterre. Je lui ai fait demander légèrement ce que
ces armements voulaient dire : elle m’a répondu qu’il était
faux qu’elle armât. Il ne me reste plus qu’à prier Votre
Majesté de croire mes sentiments pour elle inaltérables ; et
je ressens une vive satisfaction de l’espérance de la voir cette
année.<sup> [^4]</sup></p><p><br/>
</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>Napoléon</i></h3><p><br/>
</p>
[^1]: La Constitution de Bayonne proclamée le 7 juillet 1808.
[^2]: Le projet d’étendre la frontière de la France au-delà des Pyrénées, jusqu’à l’Èbre, avait fait partie des premiers plans de Napoléon sur l’Espagne.
[^3]: Province polonaise sous la domination autrichienne.
[^4]: Expédition, Archives des Affaires étrangères de l’Empire russe (AVPRI), fds Chancellerie, inv. 468, 1808, d. 6045, p. 10. [C 14170]</body> |
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