CG8-18399.md

identifiantCG8-18399.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1808/06/25 00:00
titreNapoléon au maréchal Bessières, commandant de la Garde Impériale et des divisions d’observation des Pyrénées-occidentales
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG8</i> - 18399. - </b>Au maréchal Bessières, commandant de la Garde Impériale et des divisions d’observation des Pyrénées-occidentales</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Bayonne, 25 juin 1808<sup>[^1]</sup></h2><p>Mon cousin, j’ai appris avec un véritable intérêt le bon résultat de l’affaire de Santander. Vous aurez probablement appris par le major général ce qui s’y est passé le 23. Les Anglais ont dû perdre du monde, car on a vu leurs quatre frégates hisser beaucoup de blessés.</p><p>Il y a dans ce moment devant Saragosse 14 000 hommes. Le bombardement a dû commencer aujourd’hui, et j’attends demain la nouvelle de la reddition<sup>[^2]</sup>. Le 4<sup>e</sup> et le 15<sup>e</sup> de ligne arrivent ici ; ils viennent de Rennes en dix jours. Deux autres régiments arrivent de Paris. Cela me fera une réserve de 8 000 hommes à la tête desquels le roi entrera.</p><p>Il y a à Santander beaucoup d’argent ; ayez soin qu’on fasse payer la contribution que j’ai ordonné de mettre<sup>[^3]</sup> ; qu’on fasse mettre le séquestre sur les biens des membres de la junte, et surtout sur les biens de l’évêché, et ordonnez qu’une députation de vingt des principaux de la province se rende à Bayonne, et que le désarmement soit fait scrupuleusement dans tous les environs. Envoyez reconnaître s’il y aurait un petit fort où l’on pourrait mettre quelques troupes à l’abri de toute insulte, car il serait bon de laisser là 8 à 900 hommes pour empêcher les Anglais de tenter d’y pénétrer ; mais il faudrait pour cela que cette poignée d’hommes pût se retirer dans un petit fort et y tenir cinq ou six jours. J’espère cependant que la leçon qu’ils viennent de recevoir leur ôtera l’envie de s’insurger de nouveau. J’imagine que vous faites travailler à force à votre château de Burgos. Cela est très important ; n’y mettez que de grosses pièces, sans y employer nos pièces de campagne, qui sont toutes nécessaires ailleurs.</p><p>Faites-moi connaître les renseignements que vous avez sur les chemins de Palencia à Léon, et de Léon à Oviedo<sup>[^4]</sup>. Il faut marcher là en force. Aussitôt que Saragosse sera pris, non seulement le général Verdier retournera avec ce qu’il a, mais je dirigerai encore sur Burgos beaucoup d’autres troupes. Je suppose que le major général vous envoie exactement les imprimés qui se font ici, et que vous avez soin de les faire réimprimer à Burgos.<sup>[^5]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napol</h3> [^1]: La minute précise (Archives nationales, AF IV 877, juin 1808, n° 212) : « à six heures du soir ». [^2]: <span></span> L’artillerie de siège sera mise en œuvre le 1<sup>er</sup> juillet et le premier assaut sera donné le lendemain, sans succès. Il n’y aura pas de reddition avant février 1809. [^3]: Voir CG8-18318. [^4]: La ville d’Oviedo, de la province des Asturies, était plus sensibilisée que d’autres au sort de son prince et les manifestations avaient déjà débuté le 22 mai en faveur de Ferdinand VII. [^5]: Expédition, Archives nationales, fonds Bessières, 32 AP 1. [C 14132]</body>