CG8-18318.md

identifiantCG8-18318.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1808/06/16 00:00
titreNapoléon au maréchal Bessières, commandant de la Garde Impériale et des divisions d’observation des Pyrénées-Occidentales
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG8</i> - 18318. - </b>Au maréchal Bessières, commandant de la Garde Impériale et des divisions d’observation des Pyrénées-Occidentales</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Bayonne, 16 juin 1808</h2><p>Mon cousin, le major général vous a écrit la nouvelle du combat de Mallen, qui a eu lieu le 13 et qui doit entraîner la prise de Saragosse, où je suppose que le général Lefebvre est entré le 15<sup>[^1]</sup>. Si vous avez mandé au général Verdier de se rendre sur Saragosse, mandez-lui que, s’il apprend en route que le général Lefebvre y soit entré, il retourne sur Vitoria. Quant à la cavalerie, vous pouvez la laisser continuer, vu que l’Aragon est un pays favorable à la cavalerie.</p><p>Je ne comprends pas trop le mouvement du général Ducos<sup>[^2]</sup> pour se porter sur Santander. Cela dépend sans doute de la connaissance des localités, que vous avez étudiées. Cependant je désire que vous m’en disiez un mot et que vous m’envoyiez un croquis ; je ne trouve rien qui m’explique cela sur les grandes cartes. Une fois maître de Santander <i>de vive force</i>, il faut y imposer une contribution de deux millions<sup>[^3]</sup>, faire mettre le séquestre sur les biens de l’évêque<sup>[^4]</sup>, si on ne peut pas le saisir, désarmer la ville et les campagnes et faire quelques exemples sévères. Santander et Saragosse soumis, il faut faire marcher sur Léon et sur les Asturies. Le général Lasalle, que je fais renforcer d’un régiment de la division Frère, et le général Verdier pourront marcher sur le royaume de Léon ; le général Merle marcherait par les Asturies. Au reste, comme ce n’est que le 20 qu’on sera entré à Santander, j’aurai le temps de vous donner mes dernières instructions. Santander devait être pris avant Valladolid. Dans cette espèce de guerre, un mouvement rétrograde ne vaut jamais rien. Votre marche de Santander sur Valladolid a manqué de faire soulever toute la Biscaye. La prise de Santander aurait rendu nulle l’insurrection de Valladolid. Le général Merle entrant à Santander le 8 et revenant ensuite à Valladolid, cette dernière ville eût été soumise deux jours plus tard, mais on aurait marché de là sur Léon et on aurait profité de la victoire. Ce que je vous dis là est pour votre gouverne. Les mouvements rétrogrades sont dangereux à la guerre ; ils ne doivent jamais être adoptés dans les guerres populaires : l’opinion fait plus que la réalité ; la connaissance d’un mouvement rétrograde que les meneurs attribuent à ce qu’ils veulent crée de nouvelles armées à l’ennemi. J’ai fait envoyer de nouveau à Santander un chanoine de Burgos, mais dont je n’attends aucun effet.<sup>[^5]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napole</h3> [^1]: Lefebvre-Desnouettes s’en approchera le 28 juin, mais il n’occupera pas la ville qu’il sera contraint d’assiéger. [^2]: Il fera sa jonction avec la colonne de Merle le 23 juin devant Santander. [^3]: Voir CG8-18524. [^4]: Mgr Menéndez Luarca. [^5]: Expédition, Archives nationales, fonds Bessières, 32 AP 1. [C 14104]</body>