CG1-0697.md

identifiantCG1-0697.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1796/06/15 00:00
titreNapoléon au Sénat de Gênes
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 697. - </b>Au Sénat de Gênes</h1><p style="text-align: center"><br/> </p><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Quartier général, Tortone, 27 prairial an IV [15 juin 1796]</h2><p><br/> </p><p>Messieurs, la ville de Gênes est le foyer d’où partent les scélérats qui infestent les t grandes routes, assassinent les Français et interceptent, autant qu’il est en eux, nos convois.</p><p>C’est dans Gênes que l’on a soufflé et que l’on souffle encore l’esprit de rébellion dans les fiefs impériaux. M. Girola[^1], qui demeure dans cette ville, leur a publiquement envoyé des munitions de guerre et accueille tous les jours les chefs des assassins encore dégouttants du sang français.</p><p>C’est sur le territoire de la République de Gênes que se commettent une partie de ces horreurs, sans que le gouvernement prenne aucune mesure. Il paraît, au contraire, par son silence, par l’asile qu’il accorde aux assassins et l’impunité dont ils jouissent, les protéger.</p><p>Malheur aux communes qui voient avec joie, ou même avec indifférence, les crimes qui se commettent sur leur territoire et le sang français répandu par des assassins !</p><p>Il est indispensable que ce mal ait un terme, et que les hommes qui, par leur conduite, protègent les brigands, soient sévèrement punis.</p><p>Le gouverneur de Novi les protège : je demande que le gouvernement en fasse un exemple sévère. M. Girola, qui a fait de Gênes une place d’armes contre la France, doit être arrêté ou au moins chassé de la ville de Gênes.</p><p>Cette satisfaction préalable est due aux mânes de nos frères d’armes égorgés dans votre territoire.</p><p>À l’avenir, je vous demande une explication catégorique. Pouvez-vous ou non purger le territoire de la République des assassins qui le remplissent ? Si vous ne prenez pas des mesures, j’en prendrai. Je ferai brûler les villes et les villages sur lesquels il sera commis l’assassinat d’un seul Français. Je ferai brûler les maisons qui donneraient refuge aux assassins. Je punirai le magistrat négligeant qui aurait transgressé le premier les principes de la neutralité en accordant asile aux brigands.</p><p>Le cadavre d’un Français assassiné portera malheur aux communes entières qui ne l’auront pas protégé.</p><p>La République française sera inviolablement attachée aux principes de la neutralité ; mais que la République de Gênes ne soit pas le repaire de tous les brigands.[^2]</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Bonaparte</h3> [^1]: ministre d’Autriche à Gênes. [^2]: Copie d’expédition, Archives du ministère des Affaires étrangères, Correspondance politique Gênes vol. 170, fol. 301.</body>
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