CG1-0694.md

identifiantCG1-0694.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1796/06/15 00:00
titreNapoléon à Joseph
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 694. - </b>À Joseph</h1><p style="text-align: center"><br/> </p><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Quartier général, Tortone, 27 prairial an IV [15 juin 1796]</h2><p><br/> </p><p>Mon ami, je suis au désespoir. Ma femme, tout ce que j’aime dans le monde est malade[^1]. Ma tête n’y est plus. Des pressentiments affreux agitent ma pensée. Je te conjure de me dire ce qui en est, comme elle se porte. Si de [dans] notre enfance nous fûmes unis par le sang et la plus tendre amitié, je t’en prie, prodigue-lui tes soins, fais pour elle ce que je serais glorieux de faire moi-même. Tu n’auras pas mon cœur, mais toi seul peut me remplacer. Tu es le seul homme sur la terre pour qui j’ai eu une vraie et constante amitié. Après elle, après ma Joséphine, tu es le seul qui m’inspire encore quelque intérêt. Rassure-moi, parle-moi vrai, tu connais mon cœur. Tu sais comme il est ardent. Tu sais que je n’ai jamais aimé, que Joséphine est la première femme que j’adore. Sa maladie me met au désespoir. Tout ce monde m’abandonne. Personne ne m’écrit. Je suis seul, livré à mes craintes, à mes malheurs. Toi non plus, tu ne m’écris pas. Si elle se porte bien, qu’elle puisse faire le voyage, je désire avec ardeur qu’elle vienne. J’ai besoin de la voir, de la presser contre mon cœur. Je l’aime à la fureur et je ne puis plus rester loin d’elle. Si elle ne m’aimait plus, je n’aurais plus rien à faire sur la terre. Oh ! mon bon ami, je me recommande à toi. Fais en sorte que mon coursier ne reste pas 6 heures à Paris et qu’il revienne me rendre la vie.</p><p>Tu diras à ma Joséphine que si elle veut acheter une campagne comme nous en étions convenus, moitié chacun, j’y mettrai 30 000 francs et elle autant. Je prendrai cet argent sur les 40 000 qui me restait de mon bien retiré de Corse. Tu peux dès l’instant que tu seras d’accord avec ma femme tirer une lettre de change à vue sur ton beau-frère Clary et je prendrai la mesure pour qu’elle soit escomptée.</p><p>Adieu, mon ami, tu es bien heureux. Je suis destiné par la nature à n’avoir de brillant que les apparences.</p><p>Je t’embrasse.[^2]</p><p><br/> </p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal"><i>B</i></h3><p><br/> </p> [^1]: La maladie de Joséphine est diplomatique ; elle ne souhaite pas quitter Paris. Bonaparte a demandé une permission pour s’y rendre. À noter qu’il écrit à Joséphine le même jour, sans faire mention de sa maladie. [^2]: Expédition autographe, collection privée. Une copie est conservée aux Archives natioanles (400 AP 10, d. 1, p. 42).</body>
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