CG8-18220.md

identifiantCG8-18220.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1808/06/03 00:00
titreNapoléon au maréchal Bessières, commandant de la Garde Impériale et des divisions d’observation des Pyrénées-occidentales
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG8</i> - 18220. - </b>Au maréchal Bessières, commandant de la Garde Impériale et des divisions d’observation des Pyrénées-occidentales</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Bayonne, 3 juin 1808, une heure après midi</h2><p>Mon cousin, le major général vous écrit sur l’insurrection de Santander. Il paraît que l’aide de camp que vous y avez envoyé y a été arrêté, ainsi que des officiers espagnols partis de Madrid, et même, dit-on, un officier du grand-duc de Berg. Dans tous les cas, la place de Santander est nécessaire à occuper. </p><p>La Biscaye paraît d’un bon esprit. D’ailleurs, j’ai ordonné que les trois régiments portugais fissent halte à Tolosa, Vitoria et Irun, et j’aurai bientôt ici d’autres forces à y envoyer, si cela devenait nécessaire. Vous devez donc ordonner au général Verdier de partir avec les 13<sup>e</sup> et 14<sup>e</sup> provisoires, ses deux escadrons de cavalerie et son artillerie, et de se diriger sur Santander. Donnez l’ordre au général Lasalle de partir avec un régiment de cavalerie, le général Sabatier et sa brigade, et son artillerie, et de se diriger de Burgos sur Santander. Si l’insurrection est grave, comme on le dit, mon intention est que ces 6 000 hommes séjournent à Santander et envoient des détachements dans les Asturies ; si l’insurrection n’était pas aussi grave, le général Verdier se rendrait toujours à Santander, mais le général Sabatier s’approcherait seulement à moitié chemin de Santander à Burgos, c’est-à-dire en joignant l’Èbre à Villarcayo. Par ce mouvement, il protégerait la marche du général Verdier et lui servirait de réserve. Le général Lasalle peut prendre deux routes : l’une, la route de poste qui passe par Reinosa, et l’autre, en suivant la grande route jusqu’à Castrojeriz, passe l’Èbre et se dirige par Villarcayo<sup>[^1]</sup> sur Espinosa. Cette dernière route est plus courte d’un quart, et elle offre surtout l’important avantage de se rapprocher de celle du général Verdier, de sorte que, si les événements étaient sérieux, ce général pourrait facilement réunir ses troupes. On pourrait réunir les deux colonnes à Espinosa et même en avant, si cela était nécessaire. Vous sentez donc combien cette route-ci est préférable.</p><p>Le général Verdier peut prendre deux routes, l’une par Orduña et de là à Santander, et l’autre en rétrogradant sur Miranda<sup>[^2]</sup>, venant à Frias et de là à Medina<sup>[^3]</sup> et à Espinosa. Étant sur les lieux, vous pouvez prendre des renseignements à ce sujet. Les routes qui tendent à rapprocher la marche de mes colonnes sont les meilleures. Pour ne pas agglomérer une aussi grande quantité de troupes à Santander, le général Lasalle pourra s’arrêter à Espinosa, Medina et Villarcayo, et, en une marche forcée ou deux marches, se porter de là au secours du général Verdier.</p><p>De la célérité et de la vigueur. Commencez par ordonner ces mouvements. Que le général Lasalle se mette en marche et qu’il commence toujours à occuper l’Èbre et Villarcayo jusqu’à ce que la division du général Verdier arrive. Ayez soin que le général Lasalle ait avec lui pour dix jours de biscuit, ses huit pièces de canon approvisionnées, que les hommes aient leurs cartouches et qu’il y ait un bon nombre de caissons à la suite de cette troupe. Veillez à la même chose pour la division Verdier. Recommandez à ces deux généraux de faire prompte et sévère justice. On m’assure que les révoltés occupent déjà Reinosa au nombre de 400 ou 500. Il est très nécessaire d’arriver promptement, car déjà les Anglais tâchent de jeter des émissaires et vont bientôt jeter des armes. Faites-moi connaître la population de Reinosa. Aussitôt que toutes les troupes seront en mouvement, et quand elles se trouveront à mi-chemin de Santander, envoyez-y en avant deux ou trois bons prêtres de Burgos pour faire connaître aux habitants combien est grand leur aveuglement d’avoir des intelligences avec les Anglais et qu’ils courent à leur ruine totale. Si on entre dans un village qui soit trouvé les armes à la main, qu’on le brûle. Une fois arrivé à Santander, qu’on désarme les habitants, et, si on y entre les armes à la main, qu’on en fasse un terrible exemple. Lorsque les troupes seront en marche, vous écrirez au capitaine général de La Cuesta<sup>[^4]</sup> pour que ce brave homme envoie un de ses officiers dans les Asturies, qui fasse connaître aux habitants de cette province les malheurs que la révolte attirerait sur toute l’Espagne et sur eux-mêmes. S’il est vrai qu’à Santander, l’évêque<sup>[^5]</sup>, le frère Miranda<sup>[^6]</sup> et le marquis de Santa Cruz<sup>[^7]</sup> soient à la tête des insurgés, il faut les faire passer par les armes si on les prend les armes à la main et s’ils se soumettent avant d’être réduits, il faut les faire arrêter et les envoyer comme otages en France. Il faut en agir de même avec les Anglais. Il faudra faire un sévère exemple<sup>.[^8]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napol</h3> [^1]: Villarcayo de Burgos. [^2]: Miranda de Ebro. [^3]: Medina Pomar. [^4]: Capitaine général de la Vieille-Castille qui prendra la tête des insurgés. [^5]: Mgr Menéndez Luarca. [^6]: Le comte Manuel de Miranda, beau-frère de l’évêque. [^7]: Santa Cruz del Marcenado. [^8]: Expédition, Archives nationales, fonds Bessières, 32 AP 1. Note sur la minute (Archives nationales, AF IV 877, juin 1808, n° 43) : « portée par l’officier d’ordonnance Chlapowski ». [C 14054]</body>