CG8-18016.md

identifiantCG8-18016.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1808/05/21 00:00
titreNapoléon à Daru, intendant général de la Grande Armée
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG8</i> - 18016. - </b>À Daru, intendant général de la Grande Armée</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Bayonne, 21 mai 1808</h2><p>Monsieur Daru, je ne suis point content de tout ce qu’on fait à Berlin<sup>[^1]</sup>. Qu’y avait-il besoin de faire tant de cérémonies pour camper quelques divisions ? Le public ne devait l’apprendre que quand cela aurait été fait. J’ai déjà fait connaître que mon intention n’était pas que les corps d’armée campassent ensemble, mais par divisions. Je voulais que cela fût ainsi pour ne point alarmer l’Europe et faire le moins d’éclat possible. Qu’y avait-il besoin de passer des marchés, de faire des magasins, et mille autres babioles pareilles ? Cela ressemble à une armée de l’ancien régime. Il fallait se mettre sur la lisière d’un bois, y couper du bois, faire des baraques, et voilà l’armée campée. Pour les vivres, il n’y a pas de petite ville de Prusse qui ne pût fournir à la subsistance de 8 000 hommes.</p><p>Vous avez fait une chose bien plus inconvenante en faisant des démarches diplomatiques auprès des princes de la Confédération pour lever deux ou trois hommes nécessaires pour compléter les bataillons du train. Vous vous êtes constitué mon ministre des Relations extérieures. Il y a là plus que de la légèreté. Je vous avais chargé de recruter ces hommes dans les provinces de Bayreuth, Fulda, Erfurt, Munster et autres provinces qui sont immédiatement à ma disposition.</p><p>En général, je désire qu’on ne mette rien sur mon armée dans les journaux. À Berlin, on dirait qu’on prend à tâche de faire le plus de fracas possible avec des riens. Je vois qu’il y avait à Berlin 8 000 quintaux de seigle ; cet approvisionnement était certainement seul suffisant pour donner le temps de prendre toutes les mesures ; il y en a 6 ou 7 000 à Spandau, 6 000 à Magdebourg. Tous ces embarras étaient donc inutiles. Je vois qu’il y a du biscuit partout ; il y en a 50 000 rations à Berlin.<sup>[^2]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Np</h3> [^1]: Voir plus bas la lettre à Victor. [^2]: Expédition, Archives nationales, fonds Daru, 138 AP 26. [C 13953]</body>