| identifiant | CG1-0660.md |
|---|---|
| fait partie de | correspondance |
| est validé | oui |
| date | 1796/06/08 00:00 |
| titre | Napoléon à Carnot, membre du Directoire exécutif |
| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG1</i> - 660. - </b>À Carnot, membre du Directoire exécutif</h1><p style="text-align: center"><br/> </p><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Quartier général, Milan, 20 prairial an IV [8 juin 1796]</h2><p><br/> </p><p>Je vous dois des remerciements pour les choses honnêtes que vous me dites. La récompense la plus douce des fatigues, des dangers, des chances de ce métier-ci, se trouve dans l’estime du petit nombre d’hommes que l’on apprécie.</p><p>Par ma lettre au Directoire, vous verrez notre position. Si les bataillons annoncés nous joignent à temps, il nous sera facile d’aller jusqu’à Rome. Cependant, comme les opérations de l’Allemagne peuvent changer notre position d’un instant à l’autre, je crois qu’il serait bon qu’on me laissât la faculté de conclure l’armistice avec Rome, ou d’y aller : dans le premier cas, me prescrire les conditions de l’armistice ; dans le second, me dire ce que je dois y faire, car nos troupes ne pourraient pas s’y maintenir longtemps. L’espace est immense, le fanatisme très grand, et la grande disproportion de forces rend les hommes hardis.</p><p>Je serai, dès l’instant que les inondations seront finies, à Livourne et à Bologne. Je recevrai là vos ordres, et si vous acceptez l’armistice avec Rome, je le conclurai là.</p><p>Nous sommes bientôt en juillet, où toutes les marches nous vaudront deux cents malades[^1].</p><p>Il est arrivé un commissaire du Directoire pour les contributions[^2]. Un million est parti pour Bâle, pour l’armée du Rhin.</p><p>Vous avez à Gênes huit millions ; vous pouvez compter là-dessus.</p><p>Deux millions encore partaient pour Paris ; mais le commissaire m’a assuré que votre intention est que tout aille à Gênes.</p><p>Je mériterai votre estime ; je vous prie de me continuer votre amitié, et de me croire pour la vie, etc.[^3]</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Bonaparte</h3><p style="text-align: center; "><br/> </p> [^1]: Bonaparte, qui en a souffert dans sa jeunesse, est obsédé par le paludisme, affection particulièrement grave avant la découverte de la quinine. Il revient dans ce sujet dans de nombreuses lettres ci-après. [^2]: Pinsot arrive à Milan le 7 ou le 8 juin. [^3]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 589 d’après la collection Napoléon.</body> |