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CG8-17829.md| identifiant | CG8-17829.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1808/05/10 00:00 |
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| titre | Napoléon à Joseph, roi de Naples |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG8</i> - 17829. - </b>À Joseph, roi de Naples</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Bayonne, 10 mai 1808</h2><p>Mon
frère, vous trouverez ci-joint la lettre du roi Charles au prince
des Asturies, et la copie de mon traité avec le premier. Le
grand-duc de Berg est lieutenant général du royaume, président de
la junte et généralissime des troupes espagnoles<sup>[^1]</sup>.
Le roi Charles part dans deux jours pour Compiègne. Le prince des
Asturies se rend du côté de Paris<sup>[^2]</sup>.
Les autres infants vont occuper des maisons de plaisance aux environs
de Paris. Le roi Charles, par le traité que j’ai fait avec lui, me
cède tous ses droits à la couronne d’Espagne. Le prince des
Asturies avait renoncé avant à son prétendu titre de roi<sup>[^3]</sup>,
parce que le roi Charles avait allégué que son abdication avait été
forcée. La nation, par l’organe du conseil suprême de Castille,
me demande un roi<sup>[^4]</sup>.
C’est à vous que je destine cette couronne. L’Espagne n’est
pas ce qu’est le royaume de Naples : c’est onze millions
d’habitants, plus de cent cinquante millions de revenus, sans
compter les immenses revenus et la possession de toutes les
Amériques. C’est une couronne d’ailleurs qui vous place à
Madrid, à trois jours de la France, qui couvre entièrement une de
ses frontières. À Madrid, vous êtes en France [<i>sic</i>] ;
Naples est le bout du monde. Je désire donc qu’immédiatement
après avoir reçu cette lettre vous laissiez la régence à qui vous
voudrez, le commandement des troupes au maréchal Jourdan, et que
vous partiez pour vous rendre à Bayonne par le chemin de Turin, du
mont Cenis et de Lyon. Vous recevrez cette lettre le 19 ; vous
partirez le 20, et vous serez ici le 1<sup>er</sup> juin. Laissez,
avant de partir, des instructions au maréchal Jourdan sur la manière
de placer vos troupes, et faites vos dispositions comme si vous
deviez être absent jusqu’au 1<sup>er</sup> juillet. Gardez, du
reste, le secret ; on ne s’en doutera peut-être que trop ;
mais vous direz que vous vous rendez dans l’Italie supérieure pour
conférer sur des affaires importantes avec moi.<sup>[^5]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3>
[^1]: Depuis le 4 mai.
[^2]: Valençay est à 250 km de Paris.
[^3]: Sous le nom de Ferdinand VII.
[^4]: Adresse quelque peu forcée et qui s’est longtemps fait attendre.
[^5]: Expédition, Archives nationales, 400 AP 11. [C 13844] Note sur la minute (Archives nationales, AF IV 876, mai 1808, n° 86) : « à 6 heures du soir, par l’estafette de Lyon ».</body> |
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