CG8-17803.md

identifiantCG8-17803.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1808/05/08 00:00
titreNapoléon au maréchal Bessières, commandant de la Garde Impériale et des divisions d’observation des Pyrénées-occidentales
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG8</i> - 17803. - </b>Au maréchal Bessières, commandant de la Garde Impériale et des divisions d’observation des Pyrénées-occidentales</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Bayonne, 8 mai 1808</h2><p>Mon cousin, je n’ai point de vos nouvelles depuis le 5 ; la dernière estafette ne m’a rien porté. L’infant don Antonio est arrivé<sup>[^1]</sup>. J’attends aujourd’hui la reine d’Étrurie<sup>[^2]</sup>. Le grand-duc de Berg vous aura instruit qu’il est lieutenant général du royaume et président de la junte.</p><p>Il est nécessaire que vous reteniez les chevaux de main du régiment portugais qui passeront et ceux des hommes qui auraient déserté, afin de <i>monter les</i> petits dépôts et d’en augmenter l’effectif des corps. Il est nécessaire que vous me fassiez connaître la quantité de cartouches que vous avez à Burgos, à Vitoria, ainsi que l’approvisionnement de vos canons. Faites votre arsenal de quelque maison hors de la ville de Burgos et qui soit dans une position à être aisément défendue. Ayez là un demi-approvisionnement à canon, une réserve de 500 000 cartouches, les caisses de fusils espagnols qui sont à Burgos, et que vous emploierez à remplacer les mauvais fusils qu’auraient mes troupes, et enfin 300 000 rations de biscuit. Faites de cette maison une espèce de forteresse, à laquelle on fera un fossé, un palissadement, des créneaux, afin qu’en cas qu’une partie des troupes abandonne Burgos pour se porter ailleurs, un ou deux bataillons avec six ou sept pièces de canon pussent se trouver là en sûreté contre les émeutes de la canaille. Vous devez avoir des officiers du génie, à défaut d’officiers d’artillerie, pour faire ce petit travail.</p><p>Envoyez tous les escadrons et régiments de marche de cavalerie à Madrid ; il faut en excepter cependant les trois escadrons de marche qui sont à la division du général Verdier. Votre cavalerie sera composée de la division du général Lasalle, c’est-à-dire du 10<sup>e</sup> et du 22<sup>e</sup> régiment de chasseurs. Le 22<sup>e</sup> doit être arrivé à Burgos ; le 10<sup>e</sup> est à Tolosa.</p><p>Ne laissez faire aucun mouvement aux troupes espagnoles sur Valladolid sans en être instruit, et veillez à ce qu’il n’y ait aucun rassemblement du côté de la Galice qui puisse donner de l’inquiétude.</p><p>Il me semble que j’ai donné ordre que des convois de cartouches d’infanterie et à canon et de pierres à feu vous fussent envoyés ; il doit en être arrivé à Burgos. Chaque homme doit avoir 50 cartouches dans sa giberne, et vous devez en avoir 500 000 en réserve, indépendamment des caissons d’infanterie que vous avez.</p><p>Les infants partent demain pour se rendre du côté de Paris ; le roi Charles part après-demain. Vous avez reçu la lettre du prince des Asturies à la junte, que je vous ai envoyée.</p><p>Envoyez quelques agents espagnols en Aragon pour savoir ce qui se passe.</p><p>Il y a à Saint-Sébastien 40 cavaliers appartenant à l’armée du Portugal, 52 appartenant au corps du maréchal Moncey, 33 appartenant au corps du général Dupont, 2 au vôtre, et 1 grenadier à cheval de la Garde, ce qui fait à peu près 130 hommes, pour lesquels il faudrait 130 chevaux. Si vous pouviez monter tout cela, cela ferait un petit escadron.</p><p>Le dépôt du 10<sup>e</sup> et du 22<sup>e</sup> de chasseurs à Bayonne ont près de cent hommes non montés ; une cinquantaine de chevaux que vous y enverriez serait nécessaire.<sup>[^3]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Nap</h3> [^1]: Le frère de Charles IV, partisan de Ferdinand. [^2]: Marie-Louise de Bourbon que Napoléon continue d’appeler « reine » après l’avoir dépossédé de l’Étrurie (Toscane). [^3]: Expédition, Archives nationales, fonds Bessières, 32 AP 1. [C 13831]</body>