CG8-17765.md

identifiantCG8-17765.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1808/05/03 00:00
titreNapoléon à Murat, lieutenant de l’Empereur en Espagne
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG8</i> - 17765. - </b>À Murat, lieutenant de l’Empereur en Espagne</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Bayonne, 3 mai 1808, 10 h. du soir</h2><p>Mon frère, je reçois votre lettre du 1<sup>er</sup> mai à 3 heures du matin. Vous ne pouvez pas avoir le droit de commuer une peine imposée par jugement d’un tribunal ou d’une commission spéciale, comme mon lieutenant, puisque moi-même je n’ai point ce droit, ou du moins que je ne l’ai qu’après avoir entendu le conseil privé<sup>[^1]</sup> dont est membre monsieur le grand-duc de Berg. Vous autres militaires, vous ne voulez-vous assujettir à aucune forme. Vous avez donc tort de croire que j’ai fait une chose mauvaise pour vous ; j’ai fait une chose de règle et qui doit être ainsi, et vous êtes un enfant de vous en affliger. Monsieur le grand-duc de Berg voudra bien me permettre de lui dire toujours ma façon de penser. Quand il fera bien, je ne lui dirai rien, quand il fera quelque chose qui me déplaira, je le lui ferai connaître. C’est mon habitude.</p><p>Je crains que le général Rouyer ne soit point capable de commander une division<sup>[^2]</sup>. J’aimerais mieux le général Frère. Il me semble que devant Graudenz il ne s’est pas trop bien comporté<sup>[^3]</sup>. C’est un Suisse qui vaudrait mieux, je crois, pour commander une brigade de Suisses espagnols<sup>[^4]</sup>. Vos vœux sont remplis. J’ai arrêté la correspondance avec ici. Les douanes ont eu ordre d’intercepter toute correspondance avec les montagnes. Vous avez dû voir par la lettre du prince des Asturies et la réponse de son père qu’il n’y avait rien à faire avec ce prince. Demain mon traité avec le roi sera signé, et après-demain, le prince des Asturies ne sera plus à Bayonne<sup>[^5]</sup>. Je vous expédierai demain Exelmans.<sup>[^6]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napol</h3> [^1]: Le Conseil privé des grâces a été institué par l’article 86 du sénatus-consulte du 16 thermidor an X (4 août 1802) : le chef de l’État ne peut exercer son droit de grâce qu’après avoir entendu le grand-juge, deux ministres, deux sénateurs, deux conseillers d’État et deux juges de la Cour de cassation. Toutefois, il n’est pas tenu de suivre les avis des membres du Conseil. [^2]: François Rouyer commandera la division hispano-suisse (régiments Reding n° 2 et de Preux), jusqu’à la capitulation de Baylen. [^3]: Rouyer avait repris le commandement du siège de Graudenz, à la place de Victor (juin 1807). [^4]: Ce sera le général Jean-Adam Schramm qui avait servi comme simple soldat au régiment de Diesbach. [^5]: L’acte d’abdication de Charles IV en faveur de Napoléon est du 5 mai. Le renoncement de Ferdinand VII à ses droits est du 6 mai, complété par le traité du 10 suivant entre Napoléon et Ferdinand. [^6]: Expédition, Archives nationales, fonds Murat, 31 AP 24, d. 467, p. 46. [C 13804]</body>