CG8-17743.md

identifiantCG8-17743.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1808/04/30 00:00
titreNapoléon à Murat, lieutenant de l’Empereur en Espagne
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG8</i> - 17743. - </b>À Murat, lieutenant de l’Empereur en Espagne</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Bayonne, 30 avril 1808, 3 h. après-midi</h2><p>Mon frère, je reçois votre lettre du 27 avril à une heure du matin. Je vois avec plaisir tout ce qu’elle contient. Vous avez dû recevoir des gazettes que je vous ai envoyées il y a deux jours<sup>[^1]</sup>.</p><p>Le roi Charles est arrivé à Irun ; je l’attends dans deux heures d’ici. Berthier est allé à sa rencontre jusqu’à la frontière. Le prince de la Paix<sup>[^2]</sup> commence à se remettre. </p><p>Vous aurez vu par la note que vous a envoyée Champagny que je ne reconnais plus Cevallos ni aucun agent de Ferdinand. J’ai fait arrêter, en conséquence de cette notification, un courrier qu’ils expédiaient à Madrid<sup>[^3]</sup>. Il y avait une lettre du prince des Asturies à l’infant don Antonio<sup>[^4]</sup>, dont je vous envoie une copie, cette lettre vous prouvera la bêtise et l’hypocrisie de son auteur. Car l’Impératrice qu’il dit avoir été reçue froidement, a été reçue au contraire avec enthousiasme<sup>[^5]</sup>. J’ai fait arrêter un autre courrier qui leur était adressé de Madrid, qui rend le même compte que vous de l’état de l’opinion publique.</p><p>Il n’y a aucun ménagement à garder. Je vous ai écrit de prendre le commandement des troupes. <i>Envoyez près de</i> Solano et <i>de</i> Caraffa<sup>[^6]</sup> que cela doit être comme cela<sup>[^7]</sup> [<i>sic</i>]. Vous pouvez leur faire envoyer la note de Champagny.</p><p>Envoyez à Bayonne la reine d’Étrurie et les infants et infantes ; aucun individu de la famille ne peut plus rester à Madrid, mais il faut qu’ils partent sans délai et viennent, comme le prince de la Paix, jour et nuit. Vous ferez partir aussi l’infant don Antonio, et vous lui notifierez que le roi Charles IV lui ordonne de venir sans délai à Bayonne. Il n’y a pas de presse à faire venir les Espagnols. Tous ceux qui sont ici sont mauvais. Il est nécessaire que dans ces deux jours-ci, je débrouille ces affaires.</p><p>Mon chargé d’affaires<sup>[^8]</sup> continuera de remplir ses fonctions à Madrid. Il rendra compte au sieur La Forest auquel je donne rang de mon ministre en Espagne, mais qui cependant n’aura aucune communication avec les autorités que par le canal de mon chargé d’affaires. Je crois vous l’avoir déjà dit, cassez la junte et qu’elle cesse de gouverner, si elle obéit à Ferdinand. Dites-leur que le moindre compte rendu, le moindre courrier seraient des crimes. Surtout que don Antonio et le reste de la famille partent. Du moment que j’aurai vu le roi, je vous écrirai. Je suppose que vous êtes maître de la gazette de Madrid, et que vous y faites mettre tous les jours des articles dans le sens que je vous ai prescrit.</p><p>Je pense qu’il serait utile de désarmer les gardes du corps et de les mettre à pied. Le roi Charles a fort maltraité ceux qui étaient à Vitoria ; ils s’étaient emparés de son palais, il les a chassés avec beaucoup d’énergie.</p><p>Envoyez un officier au général Junot pour l’instruire de ce qui se passe, et pour qu’il concoure de tous ses moyens à contenir les divisions de Solano et de Galice<sup>[^9]</sup>, si elles faisaient un mouvement sur Madrid. Qu’il leur fasse sentir l’avantage qu’elles retireront d’un changement de dynastie par laquelle le militaire sera honoré et considéré.</p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napol</h3><p><br/> </p><p><i>À 7 heures</i></p><p><i>Je viens de voir le roi et la reine, qui sont très contents d’être ici. Il</i><sup>[^10]</sup><i>a fort mal reçu ses enfants. Tous les Espagnols, même l’Infantado</i><sup>[^11]</sup><i>, etc. lui ont baisé la main ; mais le vieux roi parait fort irrité contre eux.</i></p><h4>Np</h4> [^1]: <span></span> Léon Lecestre (<i>Lettres inédites de Napoléon (1799-1815)</i>, Plon, 1897, t. I, p. 188, n° 274) ne publie pas ce paragraphe. [^2]: Godoy. [^3]: Voir plus haut. [^4]: Oncle de Ferdinand. [^5]: Joséphine est arrivée à Bayonne dans la soirée du 27. [^6]: La division Caraffa cantonne à Lisbonne et ses environs. [^7]: Napoléon à surchargé : « Écrivez à ». [^8]: Pierre de Bellocq. [^9]: La plus grande partie de la division Solano a déjà gagnée l’Espagne. La division Taranco, dans la région de Porto, est commandée par le général français Quesnel. [^10]: Charles IV. [^11]: <span></span> Pedro de Toledo, XIII<sup>e</sup> duc de l’Infantado.</body>