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CG8-17698.md| identifiant | CG8-17698.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1808/04/25 00:00 |
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| titre | Napoléon à Murat, lieutenant de l’Empereur en Espagne |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG8</i> - 17698. - </b>À Murat, lieutenant de l’Empereur en Espagne</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Bayonne, 25 avril 1808, minuit</h2><p>Mon
frère, je reçois votre lettre du 23 à deux heures du matin où je
vois que le prince de la Paix est parti le 22 à 10 heures du soir.
Je suppose aujourd’hui 25 le roi Charles à Burgos. Il serait
nécessaire que l’on connût à Madrid la protestation que le roi
Charles a faite à la commission et la résolution qu’a prise la
commission de gouverner au nom du roi, sans désigner quel prince. Ce
préambule me parait indispensable pour faire marcher l’opinion.
Immédiatement après avoir reçu cette lettre, faites donc mettre
dans la "Gazette de Madrid"<sup>[^1]</sup>
l’une et l’autre de ces pièces. Prenez la haute main sur tout ce
qui est imprimerie. Faites mettre dans les gazettes un extrait de la
lettre que j’ai écrite au prince des Asturies à Vitoria<sup>[^2]</sup> ;
tout peut même en être imprimé s’il est nécessaire. Il est
essentiel de bien caractériser dans l’opinion que l’Espagne se
trouve sans roi. Empêchez qu’il ne soit brûlé aucune maison, et
contenez sévèrement le peuple. Immédiatement après leur
publication, réunissez chez vous les principaux de la ville, et
déclarez bien que je <i>les</i> rends responsable de la tranquillité
du royaume ; que j’attends l’arrivée du roi Charles pour
faire connaître ce qui aura été arrêté, mais que dans tout état
de choses, l’intégrité et l’indépendance des Espagne seront
maintenues, que je n’en veux pas même un village. Cette
déclaration faite avec un peu d’art pourra être imprimée le
lendemain.</p><p>Faites
ensuite mettre dans les journaux <i>des articles</i> sur le mauvais
gouvernement qui existe en Espagne depuis plusieurs années, et sur
la nécessité d’y porter remède pour recouvrer la gloire des
anciens Espagnols et de marcher constamment avec la France qui est le
pays par lequel l’Espagne communique avec le continent.</p><p>En
résumé, le lendemain de la réception de cette lettre, publication
de la protestation de Charles IV, et de l’engagement de la
régence ; 2° annonce que le prince de la Paix s’est rendu à
Bayonne, que l’intention de l’empereur n’est même pas de le
voir, mais de l’envoyer en exil dans le fond d’un village à cent
lieues de l’Espagne ; 3° le lendemain, assemblée des
principaux de la ville pour s’assurer du maintien de la
tranquillité, et déclarer que dans aucun état de choses
l’indépendance et l’intégrité ne seront compromises. Le
lendemain de l’assemblée, imprimer cette déclaration dans les
journaux. 4° Le surlendemain, mettre des articles sur la bonne
réception que j’ai faite au prince des Asturies et aux Espagnols
qui l’accompagnent<sup>[^3]</sup>,
en lui déclarant que je ne pouvais le reconnaître s’il était
vrai que le roi Charles eût protesté. Enfin, faire tous les jours
des articles sur la nécessité de marcher d’accord avec la France,
et de réformer plusieurs parties importantes du gouvernement. Pour
cela, à quelque prix que ce soit, emparez-vous de l’administration.<sup>[^4]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Nap</h3>
[^1]: <span></span><i>La</i><i>Gaceta de Madrid</i>.
[^2]: Lettre du 16 avril, dont Murat a reçu copie.
[^3]: Le 21 avril.
[^4]: Expédition, Archives nationales, fonds Murat, 31 AP 24, d. 467, p. 36. [C 13780]</body> |
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