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CG8-17654.md| identifiant | CG8-17654.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1808/04/18 00:00 |
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| titre | Napoléon à Joseph, roi de Naples |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG8</i> - 17654. - </b>À Joseph, roi de Naples</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Bayonne, 18 avril 1808</h2><p>Mon
frère, je reçois votre lettre du 7 avril. Je vois avec plaisir ce
que vous me dites de Corfou. Je suis fort aise de voir cette île
dans une si bonne situation. J’apprends également avec plaisir que
vous fortifiez Scylla. Vous connaissez assez le pays pour savoir
comment vous devez placer vos troupes pendant cette saison, pour
conserver surtout le poste important de Scylla. Ce que je désire
par-dessus tout, c’est qu’elles soient placées dans des lieux
sains et à l’abri des maladies. Vous faites fort bien de diriger
des recrues par Barcelone. J’ai monté vos chasseurs. Toutes ces
troupes prennent une habitude d’exercice et un esprit qui seront
fort avantageux à votre royaume. Envoyez-moi des régiments
napolitains tant que vous voudrez, pourvu qu’ils soient forts de
140 hommes par compagnie.</p><p>Remerciez
Julie et M<sup>lle</sup> Zénaïde<sup>[^1]</sup>
des lettres qu’elles m’ont écrites. Je leur répondrai, mais
j’ai à présent trop d’affaires. Vous avez dû être heureux de
revoir vos enfants, bien portants et qui m’intéressent sous tous
les rapports<sup>[^2]</sup>.</p><p>L’infant
don Carlos est ici. Ce jeune prince qui a vingt ans est tombé malade
à son arrivée ici, de sorte que je n’ai pas pu le voir. Il a avec
lui plusieurs grands d’Espagne. Le prince des Asturies qui
s’intitule Ferdinand VII est à vingt lieues de la frontière avec
une grande suite. Le roi Charles IV et la reine sont en route pour
venir. Il a protesté, et en appelé à mon arbitrage. Mes troupes
sont à Madrid, Barcelone, Figueras, Pampelune, Saint-Sébastien,
Burgos. L’armée espagnole n’est pas redoutable. Le peuple est en
fermentation. Le grand-duc de Berg et le maréchal Moncey sont à
Madrid. Le général Dupont est à Tolède et le maréchal Bessières
à Burgos.</p><p>J’ai
ici près de 100 mille hommes de régiments provisoires. Ils gagnent
tous les jours par l’exercice et le mouvement. Ce sont tous de gros
enfants de 20 ans dont j’ai lieu d’être satisfait. Pas un homme
de ma Grande Armée n’a augmenté ces corps en infanterie,
cavalerie, artillerie<sup>[^3]</sup>.</p><p>Renvoyez
en Italie un régiment de cavalerie et le 6<sup>e</sup> bataillon du
train que je vous ai déjà demandé plusieurs fois. Vous avez assez
d’habitude à présent à Naples pour trouver des charretiers
napolitains. Les hommes français du train me sont nécessaires, et
il faut que ma Grande Armée soit prête à me seconder, s’il le
faut dans le courant de l’été.</p><p>Mon
escadre est rentrée à Toulon en bon état. La flûte <i>La Baleine</i>
est arrivée à Minorque. Je n’ai rien perdu, et j’ai fait
naviguer une escadre, ce qui forme d’autant mes matelots.</p><p>Une
escadre sera tout armée de l’Escaut. J’ai déjà huit vaisseaux
en rade à Flessingue qui ont été construits à Anvers. J’en
aurai autant dans le courant de l’été.</p><p>Veillez
à faire exécuter mes mesures sur le blocus. Tout bâtiment
américain qui se présente dans vos ports, vient d’Angleterre,
partez de ce principe.</p><p>Jusqu’à
cette heure, toute mon armée d’Espagne est à mes frais et me
coûte des sommes énormes. La conscription que je lève, celle que
je vais bientôt lever, mes régiments de cavalerie que je porte à
1200 chevaux, tout cela m’entraîne dans d’immenses dépenses.
Mais les circonstances veulent que je couvre l’Europe de mes
troupes. L’Angleterre commence à souffrir. La paix avec cette
puissance me fera remettre le glaive dans le fourreau, et nous rendra
à l’Europe sa tranquillité.</p><p>Il
ne serait pas impossible que je vous écrivisse dans cinq ou six
jours de vous rendre à Bayonne. Vous laisserez le commandement des
troupes au maréchal Jourdan, et la régence de votre royaume à qui
vous voudrez. Votre femme resterait à Naples. Les relais seraient
préparés dans ce cas sur votre route. Cependant, jusqu’à
présent, cela est encore incertain.<sup>[^4]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Nap</h3>
[^1]: La reine Julie et sa fille aînée.
[^2]: Malgré les instances de Napoléon, la reine traînait les pieds pour rejoindre son mari à Naples. Joseph de son côté n’était guère pressé de revoir Julie, filant le parfait amour avec la duchesse d’Atri dont il allait avoir un deuxième enfant.
[^3]: Ce n’est pas tout à fait exact, mais cette « armée provisoire » et hétérogène, fera une très mauvaise impression sur le peuple espagnol et ne sera pas étrangère à la désastreuse défaite de Baylen.
[^4]: Expédition, Archives nationales, 400 AP 11. [C 13763]</body> |
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