CG8-17641.md

identifiantCG8-17641.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1808/04/17 00:00
titreNapoléon à Murat, lieutenant de l’Empereur en Espagne
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG8</i> - 17641. - </b>À Murat, lieutenant de l’Empereur en Espagne</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Bayonne, 17 avril 1808 </h2><p>Mon frère, Savary part en ce moment ; il se rend auprès du prince des Asturies et lui porte la lettre dont copie est ci-jointe<sup>[^1]</sup>. Je le charge de vous écrire de Vitoria tout ce qui se passe. Si le prince des Asturies vient à Bayonne, vous aurez le temps de recevoir mes ordres sur ce que vous aurez à faire. Si le prince des Asturies retourne à Burgos, je donne des ordres convenables à Bessières. S’il retourne à Madrid, vous enverrez à sa rencontre, et vous le ferez arrêter ; et s’il y a lieu vous ferez publier la lettre que je vous envoie et la protestation du roi Charles. Vous forcerez O’Farill<sup>[^2]</sup> et les autres, et surtout l’infant Don Antonio<sup>[^3]</sup>, à prêter serment d’obéissance au roi Charles. Vous ferez faire par le Grand inquisiteur<sup>[^4]</sup> une proclamation pour déclarer que le roi Charles ayant protesté contre son abdication forcée, c’est lui qui est roi.</p><p>Agissez vigoureusement : les gouverneurs, intendants, évêques, doivent répondre des désordres qui arriveraient dans les communes et villages. Vous pouvez déclarer que je reconnais le roi Charles IV, que je garantis l’intégrité des Espagnes ; que le prince de la Paix est exilé, et que je me charge d’assister le roi Charles de mes conseils et des forces de mon empire pour la bonne organisation de son royaume, et que le sort de l’Espagne est dans les mains des Espagnols. Vous ferez faire des pamphlets et des articles de journaux pour diriger les esprits dans ce sens<sup>[^5]</sup>. </p><p>Si le prince des Asturies reste à Vitoria avec Savary, celui-ci vous fera connaître ce qui se passe. Si les communications sont libres et que rien ne presse, vous attendrez mes ordres pour tout ce que je viens de vous dire.</p><p>Si le prince des Asturies vient à Bayonne, et que les communications fussent interrompues par des brigandages ou des mouvements et qu’il y eut urgence, vous feriez imprimer la protestation et ma lettre ; vous déclareriez que vous reconnaissez le roi Charles ; et la protestation serait envoyée par mon chargé d’affaires<sup>[^6]</sup> à tous les ministres. Mais j’espère que cela n’arrivera pas, que le prince des Asturies viendra à Bayonne, et que je pourrai diriger tout. Je le désire beaucoup à cause d’une circonstance si délicate et qui demande tant de connaissance de la position où je me trouve.</p><p>J’apprends par vos lettres du 13 que le roi Charles est parti le 14 et qu’il sera aujourd’hui ou demain à Burgos. Je serai fort aise de le voir ici. Si on en venait à quelqu’éclat, vous feriez connaître dans les journaux que l’armée française était venue en Espagne pour une expédition d’Afrique ; que <i>je voulais moi-même la diriger de Madrid</i><sup>[^7]</sup> ; que le prince de la Paix<sup>[^8]</sup> pensant que je voulais conseiller son roi et peut-être le conseiller mal pour lui, s’est effarouché et que c’est là la cause de tout ce qui est arrivé.<sup>[^9]</sup></p><p><br/> </p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napol</h3> [^1]: Ferdinand est resté à Vitoria. Voir plus haut. [^2]: Ministre de la Guerre. [^3]: Frère du roi. [^4]: Mgr Rámon José de Arce, démissionnaire en mars 1808. [^5]: Ce que l’on appellerait aujourd’hui la cellule de "la guerre psychologique" sera confiée à Villot de Fréville. [^6]: Pierre de Bellocq. [^7]: Biffé : « j’étais venu moi-même pour cela ». [^8]: Godoy. [^9]: Expédition, Archives nationales, fonds Murat, 31 AP 24, d. 467, p. 32. Cette lettre portée par le général Savary (note sur la minute, Archives nationales, AF IV 876, avril 1808, n° 87) a été envoyée en copie à Bessières (copie d’expédition, Archives nationales, fonds Bessières, 32 AP 1).</body>