CG8-17618.md

identifiantCG8-17618.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1808/04/15 00:00
titreNapoléon à Murat, lieutenant de l’Empereur en Espagne
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG8</i> - 17618. - </b>À Murat, lieutenant de l’Empereur en Espagne</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Bayonne, 15 avril 1808 </h2><p>Mon frère, je reçois votre lettre du 11 avril à onze heures du soir. Le général Reille<sup>[^1]</sup> doit être arrivé. Le prince des Asturies était le 14 à Vitoria<sup>[^2]</sup>. Monthion, que je vous ai expédié après Reille, a rencontré ce prince et l’a vu ; il était douteux s’il se rendrait ou non à Tolosa. Cependant il devait s’y rendre samedi. Laissez à Bessières les fusiliers de la Garde. Reposez bien vos troupes. Demain je vous expédierai un officier. Savary est ici depuis hier<sup>[^3]</sup>.</p><p>La division du général Lasalle, ayant plusieurs régiments de très belle cavalerie, va arriver ici. Vous connaissez mes intentions ; elles sont immuables. Il est inutile que j’entre dans d’autres détails.</p><p>Je vois avec plaisir qu’à mon arrivée il n’y aura plus de gale, que les différents détachements seront réunis, et que vous aurez vos vivres assurés pour deux mois.</p><p>J’ai ici 100 caissons chargés de munitions à canon et d’infanterie ; je les ferai escorter par la division Lasalle et par 4 000 hommes d’infanterie.</p><p>J’ai réunis ici 500 mulets embrigadés<sup>[^4]</sup> ; on va les charger de cartouches, et les faire partir à fur et à mesure.</p><p>Il paraît que vous avez à Madrid beaucoup de fusils ; vous devez vous en servir pour armer vos troupes, ainsi que des munitions que vous avez à Ségovie<sup>[^5]</sup>.</p><p>Il faut que vous teniez en règle votre magasin de deux millions de cartouches à Madrid, afin que vous puissiez en distribuer cinquante à chaque homme.</p><p>S’il y avait des mouvements en Espagne, ils ressembleraient à ceux que nous avons vus en Égypte. Ainsi donc il faut tenir vos troupes réunies, et faire marcher les convois en grande force.</p><p>Je vous ai fait connaître que les points importants étaient Aranda, Buitrago, où il fallait avoir des magasins de cartouches et de vivres.</p><p>J’ai appris avec plaisir que les généraux se tenaient resserrés dans les mêmes quartiers et bien en mesure. Tenez la main à ce qu’aucun homme isolé ne marche, et réitérez l’ordre à Aranda<sup>[^6]</sup> qu’on les retienne tous et qu’on ne les fasse marcher que par colonne de 500 hommes. Vous ne sauriez trop veiller à cela.<sup>[^7]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3> [^1]: L’aide camp de Napoléon a rejoint Madrid le 15 soir. [^2]: Le 13 avril, Verdier a rendu compte à Bessières que Ferdinand venait d’arriver à Vitoria avec Savary, mais que le prince n’était pas décidé à poursuivre sa route et que la population était en fermentation. Il ajoutait qu’il n’avait pas les moyens de s’opposer au retour de Ferdinand sur Madrid, n’ayant que deux régiments de conscrits, mais qu’il le suivrait « à marche forcées pour me joindre à vous ». Bessières occupe Burgos et il doit s’emparer de Ferdinand s’il venait à rétrograder sur Madrid. [^3]: Savary était venu à Bayonne porter une lettre de Ferdinand et prendre les ordres de Napoléon. [^4]: Voir CG8-17254. [^5]: Où se trouve une manufacture d’armement. [^6]: Général Frère. [^7]: Expédition, Archives nationales, fonds Murat, 31 AP 24, d. 467, p. 30. [C 13746]</body>