CG8-17604.md

identifiantCG8-17604.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1808/04/13 00:00
titreNapoléon au maréchal Berthier, major général de l’armée
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG8</i> - 17604. - </b>Au maréchal Berthier, major général de l’armée</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Bordeaux, 13 avril 1808</h2><p>Mon cousin, répondez au prince de Pontecorvo que vous avez mis sa lettre sous mes yeux ; que je ne suis pas étonné de tout ce qui est arrivé, et que c’est parce que je l’avais prévu que j’avais ordonné que la première colonne qu’on ferait passer en Seeland serait une colonne espagnole<sup>[^1]</sup> ; qu’il faut donner à la Seeland tous les secours qui sont en notre pouvoir, y faire passer deux régiments espagnols et tous les officiers d’artillerie, du génie et d’état-major dont pourrait avoir besoin le roi de Danemark<sup>[^2]</sup> ; qu’il doit se servir des Espagnols pour la défense des îles ; que lui, prince de Pontecorvo, doit prendre le commandement général du Holstein, et veiller, avec les deux divisions espagnoles, une division hollandaise et la division française, non seulement à la garde du Holstein, mais aussi à la défense des villes hanséatiques et de Cuxhaven ; qu’une division hollandaise est nécessaire pour défendre l’île de Walcheren, Flessingue et le Texel, où nous avons des escadres considérables. En résumé, le prince de Pontecorvo doit faire passer deux régiments espagnols en Seeland, avec tous les officiers d’état-major, d’artillerie et du génie que peut désirer le roi de Danemark ; tenir réunies la division française et une division hollandaise, l’une dans le Holstein, et l’autre dans les villes hanséatiques ; dès que le mois de juin sera arrivé, faire camper toutes les troupes françaises par division dans des lieux très sains, afin d’entretenir la discipline et les tenir toujours en haleine ; disperser la cavalerie pour la défense des côtes ; disperser les Espagnols dans les îles pour la défense de la Fionie et des autres points ; tenir la seconde division hollandaise réunie et prête à retourner en Hollande, où les Anglais pourraient bien tenter quelque chose s’ils s’aperçoivent qu’elle est dégarnie. Je ne crois pas que, du reste, les Anglais entreprennent rien contre les Danois, chez lesquels ils n’ont rien à faire. Le roi de Danemark a 18 ou 20 000 hommes de troupes en Seeland. Il faut, d’ailleurs, lui renvoyer tous les Danois qui seraient sur le continent.</p><p>Vous ferez connaître au prince de Pontecorvo que les troupes espagnoles méritent quelque surveillance ; qu’il est nécessaire de les isoler, de manière que, dans aucun cas, elles ne puissent rien faire<sup>[^3]</sup> ; que le prince des Asturies est monté sur le trône, que le roi Charles a protesté et s’est rendu à l’Escurial ; que, dans cette situation des choses, 50 000 Français sont à Madrid, 30 000 en Catalogne, 30 000 à Burgos et 30 000 en Portugal ; que l’Empereur part pour se rendre à Bayonne, et que vous lui écrirez lorsqu’il y aura quelque chose de plus décidé. En attendant, il peut en causer avec le général de La Romana, et lui dire que je désire l’avantage de l’Espagne et relever ce pays de manière qu’il soit utile à la cause commune contre l’Angleterre. Il m’expédiera un officier qui viendra me joindre partout où je me trouverai, tant pour me porter des nouvelles de ce qui se passe dans le Nord que pour rapporter des nouvelles de ce qui se sera passé ici. Il doit se concerter avec le roi de Hollande<sup>[^4]</sup> pour que, dans tout événement extraordinaire, il puisse lui porter des secours. À cet effet, il faut que son quartier général soit central au milieu du Holstein, à portée de Copenhague, d’Amsterdam et de Hambourg.<sup>[^5]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Nap</h3> [^1]: Bernadotte a notamment rendu compte de l’impossibilité de franchir les Belts sur la glace. Voir CG8-17398. [^2]: Frédéric VI. [^3]: <span></span> Les disperser ou les isoler est évidemment contraire aux mesures de surveillance préconisées ; ce qui permettra à La Romana d’entrer en pourparlers avec la flotte anglaise de Keats et de faire rapatrier une grande partie de son corps d’armée par la <i>Royal Navy</i>. [^4]: Louis. [^5]: Expédition, S.H.D., GR, 17 C 303. [C 13742]</body>