CG8-17600.md

identifiantCG8-17600.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1808/04/12 00:00
titreNapoléon au vice-amiral Decrès, ministre de la Marine et des Colonies
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG8</i> - 17600. - </b>Au vice-amiral Decrès, ministre de la Marine et des Colonies</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Bordeaux, 12 avril 1808</h2><p>Monsieur Decrès, j’ai dans ce moment 8 vaisseaux et 2 frégates à Flessingue. Je désire que les travaux d’Anvers soient poussés avec la plus grande activité. Je compte les aller voir dans le courant de l’été. Je désirerais mettre à l’eau avant le mois de novembre 2 ou 3 vaisseaux, et, au mois de mars prochain, les autres. Je pourrais donc espérer d’avoir dans la campagne prochaine 18 vaisseaux de guerre, dans le temps que les Hollandais en auraient 10. Ces 18 vaisseaux, s’ils étaient toute l’année prochaine sans sortir, pourraient-ils tous entrer à Flessingue ? Il me semble avoir entendu dire que ce port ne pouvait en contenir que 14 ; mais il doit y avoir moyen d’en placer 3 ou 4 dans un lieu à l’abri des glaces. Il serait en général à désirer que 25 vaisseaux pussent être réunis à Flessingue, puisque les chantiers d’Anvers sont les seuls où nous puissions vraiment construire, et que la guerre actuelle peut être longue. En y mettant toute l’activité convenable, nous pouvons en 1810 avoir 27 à 28 vaisseaux dans la rade de Flessingue, accroissement progressif effrayant pour l’Angleterre. Je crois avoir ouï dire qu’il était facile d’augmenter les bassins. J’attends le rapport que vous me ferez là-dessus.</p><p>Je ne puis espérer d’avoir à Brest que 6 vaisseaux capables de faire campagne, lesquels ne porteraient que 3 000 hommes. Je pourrais y avoir 6 frégates ou grosses corvettes portant 1 200 hommes. Je désirerais savoir si l’on ne pourrait pas disposer de 7 ou 8 de nos anciens vaisseaux, qu’on armerait en flûte, qui pourraient porter 7 à 8 000 hommes, et qui seraient capables d’aller en Irlande ou en Amérique. Enfin il y a les flûtes qui sont à Brest.</p><p>Puis-je avoir l’année prochaine à Lorient 3 vaisseaux de guerre, à Rochefort 5 ? J’espère en avoir 8 à Cadix<sup>[^1]</sup>, parce que je réunirai à mon escadre 3 vaisseaux espagnols, 4 à Lisbonne, combinés avec la flotte russe<sup>[^2]</sup>, 15 à Toulon et 3 à Ancône ; ce qui me ferait 64 vaisseaux de guerre français. J’aurai de plus 25 vaisseaux espagnols, 12 russes et 10 hollandais, total 111 vaisseaux de guerre ; situation qui ne laisserait pas de donner lieu à toute espèce de combinaisons, surtout appuyés à la flottille. L’Irlande, les possessions d’Amérique, Surinam, le Brésil, Alger, Tunis, l’Égypte, la Sicile, sont des points vulnérables. Mais le port où il faut construire avec le plus d’activité, c’est Anvers.</p><p>Pourquoi n’y a-t-il pas un autre vaisseau à Gênes ? Si le local vous paraît défavorable, faites-le mettre à Sestri ou à La Spezia.<sup> [^3]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3> [^1]: L’escadre de Rosily sera capturée par les insurgés espagnols, le 14 juin 1808. [^2]: L’escadre Siniavine réfugiée à Lisbonne. L’amiral russe est hostile à toute coopération avec Junot et livrera son escadre aux Anglais (août 1808). [^3]: <span></span><i>Correspondance de Napoléon I</i><sup><i>er</i></sup><i> publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III</i>, n° 13738, d’après l’original communiquée par la duchesse Decrès (minute, Archives nationales, AF IV 876, avril 1808, n° 64).</body>