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CG8-17592.md| identifiant | CG8-17592.md |
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| fait partie de | correspondance |
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| est validé | oui |
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| date | 1808/04/10 00:00 |
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| titre | Napoléon à Murat, lieutenant de l’Empereur en Espagne |
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| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG8</i> - 17592. - </b>À Murat, lieutenant de l’Empereur en Espagne</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Bordeaux, 10 avril 1808, à midi</h2><p>Mon
frère, je reçois votre lettre du 6, à quatre heures du soir. J’y
vois que le prince des Asturies<sup>[^1]</sup>
s’est rendu à Aranjuez pour de là se rendre à Burgos. Il est
fâcheux que vous ne soyez pas le plus fort à Aranjuez ; si
vous aviez là 6 000 hommes d’infanterie, tout serait bien.
Mais tout ce que je pourrais dire là-dessus actuellement est
inutile.</p><p>Savary
doit être arrivé le 7, et vous aura fait connaître mes intentions.
Reille est parti d’ici hier matin avec des instructions<sup>[^2]</sup>
dans le sens de celles de Savary. Je fais partir aujourd’hui
Monthion avec des instructions pour Bessières et pour Verdier dans
le même sens <i>et pour vous</i>. Mais avant tout il est nécessaire
de connaître le parti que prendra le prince des Asturies. S’il se
rend à Burgos et à Bayonne, il aura tenu sa parole. S’il reste à
Aranjuez, ou s’il va à Séville et qu’il eût enlevé le roi
Charles, alors cela signifie qu’il est en pleine disposition
hostile. Dès que le but que je me propose et que vous aura fait
connaître Savary sera rempli, vous pourrez déclarer verbalement, et
dans toutes les conversations que non seulement mon intention est de
conserver l’intégrité de toutes les provinces et l’indépendance
du pays, mais aussi les privilèges de toutes les classes, et que
j’en prendrai l’engagement ; que j’ai le désir de voir
l’Espagne heureuse et dans un système tel que je ne puisse jamais
la voir redoutable pour la France.</p><p>Le
sieur Beauharnais me mande qu’il serait possible que le duc de
l’Infantado fût à la tête d’un mouvement à Madrid. Si cela
est, vous le réprimerez à coups de canon, et vous en ferez une
sévère justice. Vous devez vous souvenir des différentes
circonstances où, sous mes ordres, vous avez fait la guerre dans de
grandes villes. On ne s’engage point dans les rues ; on occupe
les maisons <i>des têtes de rues</i> et on établit de bonnes
batteries<sup>[^3]</sup>.</p><p>Vous
devez, dans tous les cas, trouver dans la bonté et l’utilité de
mes projets sur l’Espagne des arguments pour contenter tous les
partis. Ceux qui veulent un gouvernement libéral et la régénération
de l’Espagne les trouveront dans mon système ; ceux qui
craignent le retour de la Reine et du prince de la Paix<sup>[^4]</sup>
peuvent être rassurés, puisque ces deux individus seront sans
influence et sans crédit. Les grands qui voudront de la
considération, et des honneurs, <i>qu’ils n’avaient pas dans
l’administration passée</i>, les retrouveront. Les bons Espagnols
qui veulent la tranquillité et une bonne administration trouveront
ces avantages dans un système qui maintiendra l’intégrité et
l’indépendance de la monarchie espagnole.<sup>[^5]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Napoléon</h3>
[^1]: Ferdinand VII.
[^2]: Suis un mot biffé illisible.
[^3]: Quelques judicieux conseils méconnus ou vite oubliés dans les conflits urbains des siècles suivants.
[^4]: Marie-Louise et son favori Godoy.
[^5]: Expédition, Archives nationales, fonds Murat, 31 AP 24, d. 467, p. 27. [C 13733]</body> |
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