CG8-17578.md

identifiantCG8-17578.md
fait partie decorrespondance
est validéoui
date1808/04/08 00:00
titreNapoléon au vice-amiral Decrès, ministre de la Marine et des Colonies
texte en markdown<body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG8</i> - 17578. - </b>Au vice-amiral Decrès, ministre de la Marine et des Colonies</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Bordeaux, 8 avril 1808</h2><p>Les 3 000 matelots des villes hanséatiques se lèvent. Il faut correspondre avec le sieur Bourrienne ou avec l’officier que vous en avez chargé, pour les dépenses. D’un autre côté, l’ordonnateur de ce port me mande qu’il en a envoyé plus de 500 à Flessingue, et qu’il en attend plus de 1 500 venant d’Espagne, qu’il dirige également sur Flessingue.</p><p>Le commandant de la marine<sup>[^1]</sup> ici m’assure que la frégate <i>La Comète</i>, qui est au Passage<sup>[^2]</sup>, est susceptible d’être réparée ; qu’il ne s’est pas vérifié qu’elle faisait eau, et que les premiers rapports sont controuvés. Donnez les ordres nécessaires pour réarmer cette frégate et pour la faire monter avec les matelots qui viennent d’Espagne et avec les Français qui se trouvent là. Elle sera utile pour éloigner les croisières ennemies de ces parages ou pour être envoyée en mission<sup>[^3]</sup>.</p><p>Il paraît qu’on pourrait construire des vaisseaux à Bordeaux, mais que cela ne serait d’aucune utilité, puisque les bois se transportent facilement à Rochefort ; mais qu’il serait utile d’avoir, dans une anse entre Bordeaux et Rochefort, deux ou trois péniches et autant de chaloupes canonnières, parce que les Anglais interceptent cette communication avec des péniches. Donnez des ordres efficaces pour la station de ce petit armement entre Rochefort et la Gironde. On emploie ici à des frégates du bois qui pourrait être utile à des vaisseaux de ligne. Il paraît que l’on marque, dans le bassin de la Gironde et de la Dordogne, pour 100 milliers de pieds cubes de bois, mais que les fournisseurs n’en marquent que 50 000 et que les 50 autres rentrent aux adjudicataires. D’un autre côté, l’on ne marque point dans des forêts où l’on pourrait marquer de très beau bois.</p><p>Il faudrait mettre deux frégates en construction à Bordeaux. Il y a vingt ans qu’on y construit quatre vaisseaux de 60. Faut-il admettre dans les escadres des vaisseaux de 50 ? C’est une question sur laquelle je sais que les officiers de marine se sont prononcés. Cependant l’exemple des Anglais prouve qu’ils y sont nécessaires. Ils ont l’avantage d’être plus forts qu’une frégate dans un combat de ligne, et ils ont l’avantage encore de pouvoir s’approcher des côtes et d’entrer dans beaucoup de ports où un vaisseau de 74 ne peut entrer. À Aboukir et dans d’autres circonstances, des vaisseaux de 50 ont rendu aux Anglais plus de services que n’auraient pu en rendre des vaisseaux de 74. Comme il paraît que nous ne manquerons pas de vaisseaux à Flessingue, activez les constructions d’Anvers, afin d’avoir en mer trois ou quatre vaisseaux à la fin de l’année. Comme il paraît que nous allons aussi avoir des matelots à Rochefort, le vaisseau <i>Le Calcutta</i><sup>[^4]</sup> étant en bon état, si ce vaisseau marche, on pourrait l’armer. Il serait pris sans déshonneur par un vaisseau de 74, et il ne le sera jamais par une frégate ; dès lors, il nous rendrait à peu près le même service ; car 74 contre 74, avec les équipages qu’ont aujourd’hui nos vaisseaux, il y a bien des probabilités qu’ils seront pris. Le principal est de s’assurer si <i>Le Calcutta</i> marche ; on m’assure qu’il est susceptible de bien marcher<sup>[^5]</sup>.</p><p>Il faudrait beaucoup que les frégates <i>La Pallas</i>, <i>L’Elbe</i> et <i>La Renommée</i> fussent armées et à l’eau, lorsque je passerai dans cette ville, d’ici à six semaines.</p><p>Je désirerais qu’on mît à l’eau, à la même époque, <i>L’Amphitrite</i> à Cherbourg et <i>La Bellone</i> à Saint-Malo.<sup>[^6]</sup></p> [^1]: Le commissaire principal Auguste Bergevin. [^2]: Cette frégate, capitaine Lahalle, est une rescapée de la bataille navale de Santo Domingo livrée aux Anglais par l’escadre de Leissègues le 16 février 1806. Elle avait échappé à ses poursuivants, puis rallié le port espagnol du Passage (Pasages). [^3]: La frégate est alors commandée par l’enseigne de vaisseau Button-Dubois. Elle rejoindra Bayonne en juin, mais en raison de son mauvais état elle sera désarmée et transformée en ponton. [^4]: Vaisseau anglais de 54 capturé par l’escadre de Zacharie Allemand en 1805. [^5]: Il sera armé en transport (flûte) et commandé par le capitaine Jean-Baptiste Lafon. [^6]: Minute, Archives nationales, AF IV 876, avril 1808, n° 40. [C 13727]</body>