| identifiant | CG8-17568.md |
|---|
| fait partie de | correspondance |
|---|
| est validé | oui |
|---|
| date | 1808/04/06 00:00 |
|---|
| titre | Napoléon à Murat, lieutenant de l’Empereur en Espagne |
|---|
| texte en markdown | <body><h1 style="text-transform: uppercase; font-family: Chivo; font-size: 1.5rem; line-height: 1;"><b style="text-transform: none"><i>CG8</i> - 17568. - </b>À Murat, lieutenant de l’Empereur en Espagne</h1><h2 data-kind="letter-context;" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Bordeaux, 6 avril 1808</h2><p>Mon
frère, je reçois votre lettre du 31 mars. Belliard envoie au prince
de Neuchâtel<sup>[^1]</sup>
un état qui est plein d’erreurs. Il porte 3 300 hommes de
<i>cavalerie</i> au corps d’observation de Gironde<sup>[^2]</sup>,
comme il ne porte à la division des Pyrénées-occidentales<sup>[^3]</sup>
que 2 000 hommes ; il ne porte pas le général Verdier.</p><p>Je
ne songe pas à convertir les régiments provisoires en régiments
définitifs<sup>[^4]</sup>.
Chaque régiment provisoire est composé de 4 bataillons de 4
compagnies chacun. Ces 4 compagnies sont tout entières d’un même
régiment. Je crois qu’il n’y a que 4 bataillons qui aient leurs
compagnies formées par deux régiments différents, ce qui est une
exception. Par la nouvelle organisation que j’ai donnée à
l’armée, les bataillons sont composés de 6 compagnies, et presque
toutes les 4 compagnies d’un même régiment qui sont aux régiments
provisoires feront partie des 4<sup>es</sup> bataillons. Aussitôt
que les bataillons pourront le faire, il [<i>sic</i>] enverra à ces
compagnies les deux compagnies de grenadiers et voltigeurs, et alors
les régiments provisoires seront composés de 4 bataillons, chaque
bataillon fort de 6 compagnies ayant un effectif de 840 hommes. Dans
tous les temps, dans l’organisation militaire, un bataillon a été
détaché. Si toutes les fois que cela arrive, on devait culbuter
l’organisation, où en serions-nous ? D’ailleurs les dépôts
fourniront aux régiments au lieu qu’ils n’auraient pas de
dépôts, d’où je pusse diriger sur la Grande Armée et les armées
d’Espagne.</p><p>Chaque
bataillon doit être commandé par un chef de bataillon. Je sais
qu’il en manque beaucoup ; mais quand je serai à l’armée,
je ferai des chefs de bataillon des bons capitaines ; je sais
qu’il manque beaucoup d’officiers. J’en ai fait venir cent
tirés des vélites de ma Garde qui ne tarderont pas à se rendre à
Madrid, et seront placés dans les régiments. Vous pouvez demander
au général Lepic vingt vélites ou vieux soldats capables d’être
faits sous-lieutenant, qu’il prendra dans les bataillons de ma
garde qui ont dû arriver le 6 à Madrid. Vous les répartirez dans
les corps qui en ont le plus besoin, et vous en enverrez l’état au
major général ainsi que des corps où ils seront attachés. Je
suppose que chaque régiment provisoire a un guidon en forme de
drapeau et s’ils n’en ont pas, il faut leur en donner. Un simple
guidon comme en ont quelques compagnies de grenadiers est suffisant.</p><p>Ayez
bien soin de recommander dans la manœuvre que chaque compagnie forme
une division, et une demi-compagnie un peloton. Faites mettre cela à
l’ordre, dites-le et redites-le, afin que les officiers le
comprennent bien. Dites que dans l’organisation d’un bataillon à
4 compagnies, une compagnie forme toujours une division.
</p><p>Vous
devez avoir des souliers. Dites à l’intendant général<sup>[^5]</sup>
d’écrire là-dessus au major général, de lui envoyer l’état
de ce que le maréchal Moncey en a fait faire, de ce que le ministre
Dejean a envoyé, et de ce qui a été distribué.</p><p>J’ai
donné, je crois, une gratification de souliers. Les corps doivent,
en outre, s’en fournir sur la masse de linge et chaussure ;
ils pourront s’en faire faire à Madrid, car enfin on porte des
souliers en Espagne. J’ai accordé une gratification à la masse de
linge et chaussure. Il faut mettre tout cela en règle. Les corps, à
ce qu’il parait, n’ont pas emporté de leurs dépôts la masse de
linge et chaussure ; ils ont porté leur livret, mais ont laissé
la caisse au régiment. Je viens d’ordonner qu’on fasse à Paris
la retenue de cette masse aux conseils d’administration des
régiments, et qu’en même temps, on rétablisse les mêmes sommes
aux compagnies des régiments provisoires. Vous ferez exécuter cette
disposition sans délai, et ordonnerez qu’un relevé des livrets
soit fait par compagnie, qui constate que chaque individu a à la
caisse du régiment sa masse de linge et chaussure. L’intendant
général arrêtera l’état définitif, et l’enverra au ministre
de la Guerre<sup>[^6]</sup>,
comme le payeur<sup>[^7]</sup>
l’enverra au Trésor public, et la retenue en sera faite aux
régiments. Cela mettra quelque aisance dans la masse de linge et
chaussure.</p><p>Il
est nécessaire que l’administration des régiments reste séparée
par bataillon, puisque c’est le moyen le plus simple de la
rattacher à l’administration générale des corps. Les majors
peuvent en avoir la surveillance sur les quatre bataillons du
régiment provisoire.</p><p>Je
suppose que les troupes s’exercent deux ou trois fois par jour ;
qu’on fait faire l’exercice à feu et tirer à la cible<sup>[^8]</sup>.
Si l’on tire à la cible, il ne faut pas le faire en public, mais
de très bonne heure et sans qu’il y ait d’Espagnols. Tous les
caissons d’infanterie qui étaient destinés au corps du maréchal
Moncey doivent être partis ; le corps du général Dupont doit
en avoir beaucoup, de manière que vous devez être muni de
cartouches d’infanterie comme vous le dites. Le parti que vous
prenez, d’ailleurs, d’en faire faire, est le meilleur. Les
soldats doivent, indépendamment de ce qu’ils ont dans le sac,
avoir leurs cinquante cartouches. Je pense que le général La
Riboisière<sup>[^9]</sup>
s’occupe sérieusement de cet objet. Il faut avoir un dépôt de
cartouches à Burgos, à Vitoria, à Saint-Sébastien et à
Pampelune.
</p><p>Faites-vous
remettre par le général La Riboisière un mémoire qui fasse
connaître votre situation dans cette partie. J’ai ordonné la
réunion à Bayonne d’un parc de cent voitures qui devrait être
prêt à présent, et dans lequel il y a beaucoup de caissons
d’infanterie.<sup>[^10]</sup></p><h3 data-kind="letter-signature" style="text-align: right; font-size: 1em; font-weight: normal">Nap</h3>
[^1]: Alexandre Berthier.
[^2]: Le corps de Dupont.
[^3]: Division de Merle.
[^4]: Ils le seront par le décret du 7 juillet 1808.
[^5]: Denniée.
[^6]: Clarke.
[^7]: Plauzoles.
[^8]: L’exercice à feu se fait avec des cartouches à blanc, le tir à la cible avec des balles réelles.
[^9]: Commandant en chef de l’artillerie ; l’approvisionnement de l’armée en munitions de tous calibres est de sa responsabilité.
[^10]: Expédition, Archives nationales, fonds Murat, 31 AP 24, d. 467, p. 23. [C 13725]</body> |
|---|
| |